Iran - 20 et 17 ans de prison pour Cécile Kohler et Jacques Paris, la détresse de leurs proches
Iran - 20 et 17 ans de prison pour Cécile Kohler et Jacques Paris, la détresse de leurs proches

Trois ans de captivité, des conditions d’enfermement éprouvantes et désormais une condamnation d’une extrême sévérité. Cécile Kohler et Jacques Paris, deux ressortissants français arrêtés en Iran en 2022, ont été condamnés à respectivement 20 et 17 ans de prison pour espionnage et atteinte à la sécurité nationale. Le verdict, annoncé par Téhéran mardi 14 octobre, a provoqué un choc en France, où leurs familles redoutent désormais pour leur survie. L’affaire, à la fois politique et humaine, illustre la tension croissante entre Paris et Téhéran. Les deux enseignants, accusés d’avoir collaboré avec les services de renseignement israéliens, rejettent les accusations portées contre eux. La France, par la voix de son ministère des Affaires étrangères, a qualifié ces condamnations d’« arbitraires » et exigé leur libération immédiate.

Un appel à l’aide des familles

Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi 16 octobre, Noémie Kohler, sœur de Cécile, a décrit une situation alarmante. Elle a évoqué un échange vidéo de huit minutes avec les deux détenus, placé sous surveillance iranienne. « C’était un appel de détresse », a-t-elle confié, expliquant que sa sœur et Jacques Paris étaient « épuisés » et physiquement affaiblis. « Cécile m’a dit qu’elle ne tiendrait plus trois mois, peut-être pas même quelques semaines », a-t-elle ajouté. La fille de Jacques Paris, Anne-Laure, a pris la parole à son tour pour relayer le désespoir de son père. « Il m’a dit : “Je regarde la mort en face.” » Selon elle, le temps joue désormais contre eux. L’avocate de la famille Kohler, Me Chirinne Ardakani, a rappelé que cette détention figure parmi les plus longues subies par des Français à l’étranger depuis celle d’Ingrid Betancourt.

Un climat diplomatique tendu

La colère des familles s’exprime aussi contre Paris. Elles dénoncent une « rupture de confiance » après la décision du gouvernement français de retirer sa plainte déposée devant la Cour internationale de justice contre l’Iran. Ce retrait, annoncé fin septembre, a été vécu comme un abandon. La CIJ avait été saisie pour dénoncer la détention de Cécile Kohler et Jacques Paris, que la France considère comme des « otages d’État ». En réponse à la condamnation, le Quai d’Orsay a réaffirmé ce jeudi son indignation et son exigence de voir les deux Français libérés sans délai. Les proches, eux, demandent des actes concrets, estimant que chaque jour de détention « engage la responsabilité de l’État français ». Isolés, exténués, les deux otages deviennent malgré eux les symboles d’une diplomatie française impuissante face aux stratégies de pression du régime iranien. À Paris, leurs portraits affichés sur les grilles de l’Assemblée nationale rappellent qu’au-delà des discours, c’est désormais leur vie qui se joue à huis clos, à des milliers de kilomètres de la France.

Que retenir rapidement ?

Trois ans de captivité, des conditions d’enfermement éprouvantes et désormais une condamnation d’une extrême sévérité. Cécile Kohler et Jacques Paris, deux

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