L’ancien Premier ministre Édouard Philippe, le même homme qui jurait fidélité au Président de la République Emmanuel Macron il y a quatre ans, réclame aujourd’hui sa démission, alors que la France traverse une période d’instabilité politique alimentée par la chute du très éphémère gouvernement Lecornu I et la nomination de Lecornu II. Hier encore, il se voulait « loyal à l’homme » ; aujourd’hui, il prétend ne rien lui devoir. La mémoire courte semble être devenue une stratégie politique.
IL A DIT…
En septembre 2021, alors qu’il lançait son parti Horizons, Édouard Philippe jouait la carte de la loyauté et de la continuité. Interrogé sur son rapport à Emmanuel Macron, il déclarait sans détour :
« Je soutiendrai Emmanuel Macron (Ndlr : pour l’élection présidentielle de 2022). La loyauté à l’homme, ça compte. En tout cas pour moi, ça compte. »
L’ancien chef du gouvernement redevenu maire du Havre s’affichait alors comme un pilier du bloc central, artisan de la stabilité, fidèle à celui qui l’avait propulsé à Matignon. L’image d’un homme droit, constant, fidèle à ses engagements.
IL A MENTI !
Quatre ans plus tard, tout a volé en éclats. Invité de l’émission L’Événement sur France 2, Édouard Philippe a réclamé, sans trembler, la démission anticipée d’Emmanuel Macron.
« C’est la seule décision digne », a-t-il affirmé. Avant d’ajouter : « Je ne lui dois rien. »
La volte-face est totale. Celui qui affirmait que “la loyauté à l’homme, ça compte” efface d’un trait les années de complicité politique, les décisions partagées et les honneurs reçus.
Et le paradoxe ne s’arrête pas là : Philippe attaque aujourd’hui le « bloc central » qu’il a lui-même contribué à bâtir, le même bloc qu’il dirigeait encore il y a quelques semaines aux côtés d’Attal, Barnier, Bayrou Wauquiez…
Quoi qu’on pense d’Emmanuel Macron, une chose saute aux yeux : Édouard Philippe n’est pas un homme de fidélité, mais d’opportunité. Quand les vents tournaient en faveur du président, il se disait loyal. Aujourd’hui que le navire prend l’eau, il se dit libre.
La morale de l’histoire ? Chez certains politiques, la loyauté dure le temps d’un sondage favorable.