Le 22 janvier prochain, Les Républicains disposeront de leur journée annuelle pour fixer l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Une niche parlementaire que le groupe présidé par Laurent Wauquiez entend utiliser pour clarifier la cohérence sur une série de textes volontairement clivants. Frères musulmans, immigration illégale, voile des mineures, autorité de l’État : les thèmes choisis contraindront chaque groupe à voter à visage découvert sur des sujets explosifs.
Parmi les propositions, une résolution visant à inscrire la mouvance des Frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes. Une mesure symbolique sur le plan juridique, mais lourde de sens politiquement, étayée par plusieurs rapports officiels dénonçant une stratégie d’entrisme idéologique, social et religieux. Les députés LR dénoncent une organisation qui, sans revendiquer directement la violence armée, contribue à structurer une contre-société fondée sur la charia et la séparation communautaire.
71% des Français favorables à l’interdiction du voile dans l’espace public pour les mineures
Défendue par Laurent Wauquiez, l’interdiction du port du voile pour les mineures dans l’espace public fera l’objet d’une deuxième proposition choc, présentée comme une mesure de protection de l’enfance et de refus d’un marqueur conçu par l’islamisme politique. Si le sujet divise jusqu’au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez invoquant une mesure « trop stigmatisante », les Français pourtant sont très largement favorables à cette interdiction (71% des Français se déclarent favorables à l’interdiction du port du voile dans l’espace public pour les filles de moins de 15 ans, selon un sondage Ifop-Fiducial du 3 juin 2025).
Chez nos voisins européens, l’Autriche a déjà franchi ce pas. Le Parlement a approuvé l’interdiction du hijab à l’école pour les moins de 14 ans, justifiée par la protection des jeunes filles. Ce qui est présenté comme « impensable » en France existe déjà ailleurs en Europe.
Immigration : 1,2 milliard d’euros pour l’hébergement des clandestins
Sur le terrain migratoire, les Républicains veulent restreindre le maintien dans l’hébergement d’urgence des immigrés en situation irrégulière. Priorité nationale, cadrage budgétaire, le thème touche non seulement à l’immigration mais à la dépense publique. Alors que l’État peine déjà à loger les Français les plus précaires, que des retraités sont parfois contraints de vivre dans leur voiture, 30 000 chambres d’hôtel sont financées chaque nuit pour des personnes en situation irrégulière, soit l’équivalent des villes d’Auxerre ou Périgueux, aux frais du contribuable. En effet, selon la Cour des Comptes, l’État consacre plus de 1,2 milliard d’euros par an à l’hébergement d’urgence des migrants et 40 à 60% des places dans les chambres d’hôtel réquisitionnées sont attribuées aux étrangers en situation irrégulière. Quand des Français dorment dehors, ce déséquilibre alimente un profond sentiment d’injustice et nourrit l’idée d’un État qui a perdu le sens de ses priorités.
La niche LR comprend aussi des propositions visant à suspendre les prestations sociales pour les auteurs de violences lors de manifestations, à instaurer une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions, ou encore à lutter contre l’inflation des agences administratives. Autant de textes qui traduisent une volonté de réaffirmer l’autorité de l’État pour mettre fin au désordre et à l’impunité.
Reste la question qui fâche : le rapport de force dans l’hémicycle. Ces textes passeront-ils, ou ne serviront-ils qu’à « faire un coup » médiatique ? Dans une Assemblée fragmentée, la gauche unie pourrait bloquer la plupart de ces initiatives, tandis que la majorité présidentielle reste divisée sur les questions régaliennes. Après les votes récents où l’absence de la droite et du centre a laissé la gauche imposer son tempo, la niche LR sera un test de crédibilité. Si la droite veut peser, elle devra d’abord être là, ensemble, au moment du scrutin.