Frantz Fanon célébré en Martinique, cent ans après sa naissance et ses combats anticoloniaux
Frantz Fanon célébré en Martinique, cent ans après sa naissance et ses combats anticoloniaux

À l’occasion du centenaire de sa naissance, la Martinique rend hommage à l’un de ses plus illustres fils, Frantz Fanon, figure majeure de l’anticolonialisme et du combat contre le racisme. Médecin, écrivain et militant, il s’est engagé corps et âme pour la liberté des peuples colonisés, de la Seconde Guerre mondiale à la guerre d’indépendance algérienne.

Une vie au service de la décolonisation

Né le 20 juillet 1925 à Fort-de-France, Fanon s’engage à 18 ans dans les forces françaises libres pour combattre le nazisme. L’expérience du racisme dans les rangs de l’armée puis en métropole alimente sa révolte. Il entame ensuite des études de médecine à Lyon, où il publie en 1952 Peau noire, masques blancs, un essai devenu culte dans lequel il analyse les effets psychologiques du colonialisme sur les dominés.

Spécialiste en psychiatrie, il exerce à l’hôpital de Blida, en Algérie française, à partir de 1953. Là, il transforme profondément la pratique psychiatrique, jusque-là marquée par des méthodes brutales à l’égard des populations colonisées. Très vite, il rejoint la lutte du FLN, soigne les blessés du maquis, participe à la rédaction du journal El Moudjahid et représente la révolution algérienne sur la scène internationale.

Contraint à l’exil en Tunisie, il rédige Les Damnés de la Terre, ouvrage phare publié en 1961, où il défend la violence révolutionnaire comme levier de libération. Il meurt cette même année d’une leucémie, à seulement 36 ans, quelques mois avant l’indépendance de l’Algérie.

Une commémoration riche et pédagogique

En Martinique, de nombreux événements sont organisés cette année pour célébrer son héritage intellectuel et militant. Dès le mois de juin, une pièce de théâtre inédite écrite par Fanon dans sa jeunesse, Les Mains parallèles, a été présentée au théâtre Aimé-Césaire à Fort-de-France — « une première mondiale », selon le psychiatre Aimé Charles-Nicolas, cité par l’AFP.

Des colloques scientifiques ont rassemblé chercheurs et universitaires pour revisiter son œuvre, tandis qu’une matinée commémorative, organisée par la Collectivité Territoriale de Martinique, a réuni 300 collégiens autour d’un documentaire et de débats en présence de Mireille Fanon-Mendès-France, sa fille, selon franceinfo. L’objectif : faire connaître aux jeunes Martiniquais les grandes figures de leur histoire.

« Tous les humains sont concernés par sa pensée, peu importe leur couleur de peau », rappelle le sociologue Malik Duranty, qui milite pour que l’œuvre de Fanon soit intégrée aux programmes scolaires, en Martinique comme en métropole. D’autres hommages sont attendus ce dimanche, à l’occasion de la date anniversaire de sa naissance.

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