Alors que la suspension de la réforme des retraites promise par Sébastien Lecornu accentue les fractures au sein de la droite, Éric Ciotti appelle Bruno Retailleau à un « renversement d’alliance » avec le Rassemblement national.
Le chef du groupe UDR à l’Assemblée nationale a publié ce mardi un message sans équivoque sur X :
« Otages du Parti socialiste, les députés LR signent un pacte avec le diable. Je propose à @BrunoRetailleau une rencontre pour poser les bases d’un renversement d’alliance à droite avec le RN. Il faut éteindre le macronisme et repousser la gauche ».
Une main tendue pour l’union des droites, dans un climat de fortes tensions après le discours de politique générale de Sébastien Lecornu, marqué par la suspension de la réforme des retraites pour éviter la censure socialiste.
Retailleau dénonce un gouvernement « otage des socialistes »
Quelques heures avant la publication du message de Ciotti, Bruno Retailleau avait déjà fustigé un exécutif qu’il estime « sous tutelle » du Parti socialiste :
« La gauche n’est pas au gouvernement, mais elle le dirige », écrit dans un communiqué le président des Républicains. « La suspension de la réforme des retraites et le silence du Premier ministre sur l’immigration prouvent que ce gouvernement est l’otage des socialistes ».
Bruno Retailleau franchira-t-il le Rubicon ?
Ce nouvel épisode met en lumière la fracture profonde au sein des Républicains. Tandis que Laurent Wauquiez appelle à ne pas censurer le gouvernement afin d’éviter une dissolution, François-Xavier Bellamy plaide, lui, pour un vote de censure. Entre les deux lignes, Bruno Retailleau tente de maintenir un cap conservateur tout en refusant pour l’heure toute alliance avec le RN.
Un an plus tôt, lors des législatives anticipées de 2024, Retailleau s’engageait dans un éternel front républicain de la droite à la gauche, aux relents d’UMPS, quand Ciotti assumait un rapprochement avec Marine Le Pen. Aujourd’hui, alors que le pouvoir vacille et que la recomposition de la droite semble relancée, une question demeure : Bruno Retailleau franchira-t-il, à son tour, le Rubicon ?