En Turquie, une maire de l’opposition rejoint le parti d’Erdogan en pleine vague de répression
En Turquie, une maire de l’opposition rejoint le parti d’Erdogan en pleine vague de répression

La scène politique turque a connu un nouvel épisode marquant jeudi, avec le ralliement d’Ozlem Cercioglu, maire de la ville d’Aydin, au parti au pouvoir de Recep Tayyip Erdogan. Élue depuis 2009 sous les couleurs du Parti républicain du peuple (CHP), principale formation d’opposition, elle a annoncé son départ en invoquant des désaccords persistants avec la direction de son ancien parti.

« Malgré nos nombreuses tentatives de solutions aux problèmes rencontrés au sein du CHP, nous n’avons malheureusement pas réussi à trouver une solution. Je ne suis plus sur la même voie que le CHP », a-t-elle déclaré sur le réseau X. Quelques heures plus tard, elle est apparue lors d’une cérémonie officielle aux côtés du président Erdogan et de trois autres maires de district, eux aussi démissionnaires du CHP pour rejoindre l’AKP.

Ce ralliement intervient dans un contexte politique tendu, marqué par une série d’enquêtes et d’arrestations visant des élus de l’opposition. Quinze maires auraient été arrêtés ces derniers mois, tandis que le maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, principal rival politique d’Erdogan, fait face à des accusations de corruption et de liens avec des organisations terroristes.

Le CHP rejette catégoriquement ces accusations, qu’il considère comme une stratégie destinée à affaiblir toute alternative démocratique crédible au pouvoir en place. Le gouvernement, de son côté, affirme que les procédures judiciaires sont menées conformément à la loi et nie toute motivation politique.

Le départ d’Ozlem Cercioglu, figure locale influente de l’ouest du pays, pourrait fragiliser davantage le CHP à l’approche des prochaines échéances électorales, renforçant ainsi l’emprise de l’AKP dans des régions jusqu’ici tenues par l’opposition.

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