Alors que l’émission L’Événement se déroule en direct ce soir sur France 2, Edouard Philippe appelle Emmanuel Macron à « essayer d’organiser un départ » pour sortir du blocage politique. Quelques heures plus tôt, les deux motions de censure contre le gouvernement Lecornu 2 ont été rejetées à l’Assemblée nationale à 18 voix près.
« Éviter dix-huit mois de blocage »
Invité de Caroline Roux, l’ancien Premier ministre et patron d’Horizons assure ne pas vouloir une démission « demain matin », qu’il juge « désastreuse », mais appelle le chef de l’État à s’inspirer du général de Gaulle pour « nous éviter pendant dix-huit mois de continuer à vivre dans cette situation de blocage, d’instabilité, d’indétermination ».
Plus virulent dans la rupture engagée vis-à-vis du chef de l’Etat, Édouard Philippe explique ne rien devoir au Président de la république :
Dans le même temps, il explique qu’il n’y a, selon lui, « aucune cohérence » à voter avec le RN ou LFI : malgré leur désaccord avec la suspension des retraites, les députés Horizons n’ont pas soutenu les censures déposées respectivement par les groupe de Marine Le Pen et Mathilde Panot.
Après la non-censure, Matignon dit « au travail », le PS temporise
Ce matin, la motion de LFI a été rejetée à 18 voix près et celle du RN plus largement. Sébastien Lecornu a salué la reprise des débats et dit son gouvernement « au travail ». Le PS, arbitre de la séquence, a précisé que sa non-censure « n’est en aucun cas un pacte » : pas de blanc-seing sur le budget ni sur les retraites. À l’Élysée, Emmanuel Macron a réuni des cadres de Renaissance pour « échanger sur la situation politique ». La pression, désormais publique, d’Edouard Philippe pour un « départ organisé » installe un nouveau centre de gravité à droite de la majorité et pose une question nette : le président peut-il maintenir le cap sans majorité stable ni perspective de sortie de crise à court terme ?