Dette de Pau - Bayrou face à ses contradictions @wikipedia commons
Dette de Pau - Bayrou face à ses contradictions @wikipedia commons

François Bayrou aime rappeler aux Français la nécessité de se serrer la ceinture face à la dette publique. Mais à Pau, la ville dont il est maire depuis 2014, les chiffres racontent une tout autre histoire. Selon les données officielles, l’annuité de la dette par habitant est passée de 760 euros en 2014 à 1 440 euros en 2023, soit quasiment un doublement. Pau se situe désormais au-dessus de la moyenne nationale (953 euros par habitant), même si elle reste légèrement en dessous de celle des villes de taille comparable. L’argument, relayé sur les réseaux sociaux, selon lequel la dette aurait été divisée par deux dans la décennie précédant son arrivée à la mairie, est en revanche faux : entre 2004 et 2014, la dette est restée stable autour de 760 euros par habitant. Autrement dit, le véritable décrochage s’est produit sous ses mandats.

Des investissements « d’image » pointés du doigt

Cette hausse a valu au Premier ministre un rappel à l’ordre de l’opposition municipale. Jérôme Marbot, conseiller municipal, a dénoncé des « investissements d’image, surdimensionnés », citant notamment les halles de Pau rénovées à grand frais ou encore le bureau de Bayrou lui-même, refait pour 40 000 euros. L’équipe municipale défend, elle, des choix jugés nécessaires pour enrayer le déclin de la ville et son attractivité. Jean-Louis Pérès, premier adjoint, affirme que « les finances sont tenues » et que les dépenses d’équipements, bien qu’en hausse, n’ont pas doublé. Il évoque la nécessité de rattraper le « sous-investissement » des mandats précédents. Reste que l’écart entre les discours nationaux de François Bayrou sur la rigueur budgétaire et la situation locale de Pau alimente les critiques. À la veille du vote de confiance du 8 septembre, où son avenir politique immédiat se joue, la polémique tombe mal pour un Premier ministre qui se veut gardien des comptes publics.

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