Attendu pour succéder à Olaf Scholz, le conservateur Friedrich Merz n’a pas été élu chancelier au premier tour ce mardi 6 mai par les députés allemands. Sur les 630 membres du Bundestag, seuls 621 ont voté, et Merz n’a recueilli que 310 voix, soit six de moins que la majorité absolue requise pour être investi dès cette première tentative.
Ce revers surprenant remet en cause la solidité de l’alliance entre la CDU/CSU et le SPD, censée lui garantir une majorité stable. Cette défection partielle soulève des doutes sur la cohésion de la future coalition et la capacité de Merz à rassembler au sein même de ses rangs. Il était pourtant donné vainqueur après des mois de négociations et l’annonce d’un contrat de coalition conclu la veille.
Vers un second tour sous tension
Friedrich Merz devra désormais se présenter à un second tour, dont les règles sont plus souples : une majorité relative des députés suffira pour être élu chancelier. Mais cet épisode fragilise déjà son autorité alors qu’il se préparait à rencontrer Emmanuel Macron dès ce mercredi 7 mai à Paris pour sa première visite à l’étranger.
Ce revers au Bundestag intervient dans un climat politique tendu outre-Rhin, marqué par la montée de la droite nationale et une défiance croissante vis-à-vis des partis traditionnels. Le second tour pourrait sceller le destin politique de Merz, dont l’échec serait un séisme pour la droite allemande.