Les procureurs spéciaux sud-coréens chargés d’enquêter sur la crise politique déclenchée par la déclaration de la loi martiale en décembre dernier ont annoncé dimanche avoir demandé l’arrestation de l’ancien Premier ministre Han Duck-soo.
Selon le porte-parole du parquet, Park Ji-young, Han est soupçonné d’avoir incité l’ex-président Yoon Suk Yeol à décréter la loi martiale et de l’avoir encouragé à commettre un parjure. Ces accusations interviennent dans le cadre de l’enquête sur la tentative avortée de Yoon d’imposer un régime d’exception, qui avait plongé le pays dans le chaos politique.
Yoon Suk Yeol, destitué en avril, fait déjà face à un procès pénal pour insurrection. Son projet de loi martiale avait suscité une condamnation massive de l’opposition et de la société civile, entraînant sa chute et la mise en place d’un gouvernement intérimaire.
Han, qui avait pris la présidence par intérim après la destitution de Yoon, avait ensuite démissionné pour se lancer dans la course à l’élection présidentielle de juin. Mais il avait abandonné sa candidature en raison de fortes divisions au sein du camp conservateur.
Reuters n’a pas pu joindre Han pour commenter ces accusations. Cette nouvelle étape judiciaire marque un tournant dans l’enquête visant les plus hauts responsables de la crise institutionnelle qui a secoué la Corée du Sud à la fin de l’année dernière.