Deux mois avant le congrès décisif du Parti socialiste, les opposants à Olivier Faure affûtent leurs armes. Trois figures de l’aile critique — Nicolas Mayer-Rossignol, Hélène Geoffroy et Philippe Brun — ont annoncé vendredi leur alliance stratégique. Leur objectif est limpide : faire tomber un premier secrétaire jugé responsable de l’effacement progressif du PS, devenu à leurs yeux l’ombre servile de La France insoumise.
Une alliance pour rompre avec le suivisme pro-LFI
Cette coalition hétéroclite rassemble aussi bien des élus ancrés dans la tradition gouvernementale du PS (comme Geoffroy et Mayer-Rossignol) que des figures plus jeunes comme Philippe Brun, porteur d’une ligne « populaire » mais fermement anti-Faure. Tous dénoncent la dérive insoumise initiée par Faure, qui aurait selon eux sacrifié l’autonomie du PS en l’enchaînant aux outrances de Jean-Luc Mélenchon.
Pour les signataires, il est temps de « rendre le PS aux socialistes » et de tourner la page d’une direction qui, selon eux, a « inféodé le parti à la Nupes, au détriment de sa crédibilité électorale et de ses valeurs républicaines ». Ils réclament une gauche de gouvernement sérieuse, capable de parler à toute la société, sans céder aux postures radicales ou aux ambiguïtés sur la laïcité et la sécurité.
Boris Vallaud, arbitre malgré lui
Le chef des députés socialistes Boris Vallaud, bien qu’opposé lui aussi à la ligne Faure, refuse pour l’heure de rallier cette alliance. Il se positionne comme figure d’équilibre, mais sa prudence pourrait lui coûter cher. En coulisses, les tractations s’intensifient pour savoir qui incarnera ce rassemblement alternatif : Mayer-Rossignol, Geoffroy ou Brun ? Chacun avance ses pions, mais tous savent qu’une candidature unique est nécessaire pour espérer vaincre Faure.
Du côté des partisans de l’actuel premier secrétaire, on parie sur les ego et les rivalités pour faire exploser ce front commun. « Mayer-Rossignol va-t-il vraiment s’effacer pour Brun ? Et Geoffroy, va-t-elle céder les clés à un député de 33 ans ? », raille un proche de Faure, convaincu que les baronnies finiront par reprendre le dessus.
Mais le vent semble tourner. Le discours d’un Faure prêt à tout pour conserver son trône — quitte à brader les derniers restes d’un parti naguère républicain à une gauche wokisée et anti-police — passe de moins en moins. À mesure que les socialistes prennent conscience du gouffre stratégique dans lequel leur chef les a conduits, l’envie de changement devient irrésistible. Encore faut-il que l’opposition sache parler d’une seule voix.