C’est un nouveau coup dur pour le Premier ministre Sébastien Lecornu à la veille du vote des motions de censure. Cinq députés socialistes ultramarins (Béatrice Bellay, Jiovanny William, Élie Califer, Philippe Naillet et Christian Baptiste) ont annoncé dans un communiqué commun qu’ils voteront la censure ce jeudi, bravant ainsi la consigne du Parti socialiste qui appelle à l’abstention.
« Nos Outre-mer ne comptent pas »
Les élus dénoncent dans un texte virulent un budget 2026 qu’ils jugent injuste et méprisant pour leurs territoires. “À la lecture de la loi de finances, les Outre-mer sont appelés à payer la note de la mauvaise gestion nationale”, affirment-ils. Ils pointent notamment la baisse des aides aux entreprises locales, le gel des prestations sociales, la sous-indexation des pensions et une diminution des budgets hospitaliers déjà sous tension.
Les parlementaires accusent le gouvernement d’avoir “abandonné la justice économique et sociale” en imposant un “choc redistributif négatif” pour les ménages ultramarins, particulièrement vulnérables face à la vie chère et au manque d’accès aux soins. Ils dénoncent également la réduction de 343 millions d’euros du dispositif LODEOM, vital pour l’emploi et la production locale.
Un acte de rupture avec la majorité
Tout en affirmant avoir tenté jusqu’ici “le dialogue et la concertation”, les députés estiment que leurs propositions “n’ont jamais été entendues”. Leur décision de voter la censure se veut un signal politique fort : “Nous resterons du côté de ceux qui espèrent, pas de ceux qui renoncent”, écrivent-ils.
Leur fronde intervient alors que Sébastien Lecornu, ancien ministre des Outre-mer, doit affronter ce jeudi matin un double test parlementaire : les motions de censure déposées contre son gouvernement, dont le sort dépend désormais d’une poignée de voix.