Le 5 septembre 1638, après vingt-deux ans d’un mariage resté sans héritier, le roi Louis XIII et la reine Anne d’Autriche accueillent enfin un fils au château de Saint-Germain-en-Laye. Le nouveau-né reçoit le prénom de Louis Dieudonné, tant sa venue est perçue comme un don de Dieu et un miracle dynastique. La France respire : la continuité des Bourbons est assurée et l’héritier tant attendu vient de naître.
Un héritier providentiel
La naissance de Louis met un terme à de longues inquiétudes. Pour remercier la Providence, le roi consacre aussitôt le royaume de France à la Vierge Marie, établissant la fête du 15 août comme jour chômé. Quant à la reine, elle fait ériger l’église du Val-de-Grâce à Paris en signe de gratitude. Deux ans plus tard, un second fils, Philippe d’Orléans, vient compléter la lignée royale, renforçant la sécurité dynastique.
Le destin d’un roi absolu
À la mort de Louis XIII en 1643, l’enfant de quatre ans devient roi sous la régence de sa mère, assistée du cardinal Mazarin. Ballotté par les troubles de la Fronde, il en gardera la conviction que l’autorité royale doit rester indivisible et souveraine. Sacré à Reims en 1654, marié en 1660 à l’infante d’Espagne Marie-Thérèse d’Autriche, Louis prend personnellement le pouvoir en 1661 après la mort de Mazarin. Pendant soixante-douze ans, il bâtit la monarchie absolue, centralise l’État et fait de la France la première puissance d’Europe. Surnommé le « Roi-Soleil », il symbolise à lui seul la grandeur et le faste de l’Ancien Régime.