«C’est un emprunt, on va la rendre»: Greenpeace justifie le vol de la statue de Macron au musée Grévin pour dénoncer les liens de la France avec la Russie
«C’est un emprunt, on va la rendre»: Greenpeace justifie le vol de la statue de Macron au musée Grévin pour dénoncer les liens de la France avec la Russie

Ce lundi, lors d’une action coup de poing, plusieurs militants de l’organisation écologiste Greenpeace ont “emprunté” ce la statue de cire du président Emmanuel Macron, exposée depuis 2018 au musée Grévin à Paris. Quelques heures plus tard, l’effigie a été aperçue devant l’ambassade de Russie, boulevard Lannes, dans le très huppé 16e arrondissement de la capitale.

L’objectif affiché de Greenpeace : dénoncer le « double discours » de la France face à la guerre en Ukraine et souligner les incohérences entre les déclarations politiques de soutien à Kyiv et la poursuite d’importations de ressources stratégiques en provenance de Russie.

Une action spectaculaire, minutieusement orchestrée

Selon plusieurs sources internes au musée Grévin et confirmées par les images de vidéosurveillance, l’opération s’est déroulée en milieu de matinée. Quatre personnes se sont présentées à l’entrée du musée en se faisant passer pour des touristes. Une fois à l’intérieur, les militants se sont discrètement changés, revêtant des tenues d’artisans. Ils ont ensuite recouvert la statue de Macron avec une couverture et l’ont extraite du bâtiment par une issue de secours, sans confrontation ni violence.

La statue, estimée à environ 40 000 euros selon les responsables du musée, n’avait jamais été la cible d’une telle opération. « C’est une première dans l’histoire du Grévin” », a réagi son directeur Yves Delhommeau dans une déclaration à France Info, précisant avoir été informé du sort de la statue par Greenpeace quelques heures après sa disparition.

Un «emprunt symbolique», assure Greenpeace

Interrogé sur BFMTV, Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, a assumé pleinement l’action tout en rejetant le terme de vol : « Ce n’est pas un vol, il s’agit d’un emprunt. Nous n’avons aucune intention de garder cette statue. Elle sera rendue en parfait état. »

Il a également souligné la portée symbolique du geste : plutôt que de fabriquer une statue, l’utilisation de celle du musée Grévin donne selon lui « plus de force » à leur message.

« Cette action vise à montrer le contraste entre les discours du président français sur la solidarité avec l’Ukraine et la réalité économique : la France continue d’acheter à la Russie du gaz liquéfié, de l’uranium enrichi, et des engrais chimiques », peut-on lire dans un communiqué publié par Greenpeace France ce lundi.

Dénonciation des contradictions françaises

Dans son communiqué, l’ONG met en lumière trois secteurs spécifiques qui, selon elle, échappent aux sanctions européennes contre la Russie : le gaz naturel liquéfié, dont les importations depuis la Russie vers la France ont même augmenté en 2024, l’uranium enrichi, essentiel pour le parc nucléaire français ( la Russie représente près de 20 % des approvisionnements, selon l’ONG Global Energy Monitor ) et les engrais chimiques, notamment les nitrates, toujours largement importés selon les chiffres des Douanes françaises.

« Nous ne pouvons pas dire que nous soutenons l’Ukraine tout en finançant indirectement l’effort de guerre russe, dénonce Jean-Francois Julliard.

D’autres actions à venir et une restitution prévue

Greenpeace ne compte pas s’arrêter là. Jean-François Julliard a laissé entendre que la statue pourrait encore être utilisée dans d’autres mises en scène militantes. « Nous pourrions à nouveau l’exposer devant d’autres lieux qui incarnent les contradictions du gouvernement français, notamment en matière énergétique ou diplomatique. »

Interrogé sur la date de restitution de la statue, Julliard reste vague mais affirme que le musée Grévin la retrouvera « dans les jours à venir, intacte ».

Partager