La disparition de Brigitte Bardot a rouvert une ligne de fracture devenue familière en France : celle qui oppose l’hommage populaire à la détestation idéologique.
11 000 signataires en quelques heures
Ce lundi, Éric Ciotti, président de l’Union des droites pour la République (UDR) et allié du Rassemblement national, a appelé Emmanuel Macron à organiser un hommage national à celle qui fut l’une des plus grandes icônes françaises du XXᵉ siècle. Une initiative accompagnée d’une pétition publique déjà signée par plus de 11 000 personnes.
La proposition a aussitôt suscité des réactions hostiles à gauche. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, tout en concédant qu’elle fut « une actrice iconique », a rejeté l’idée au motif que Brigitte Bardot aurait « tourné le dos aux valeurs républicaines ». Une formule devenue réflexe dès lors qu’une personnalité refuse de se conformer au catéchisme progressiste.
L’objectif tend pourtant à l’unité : reconnaître officiellement une figure qui a incarné la France, son rayonnement culturel, son audace et sa liberté, bien au-delà des clivages politiques.
L’icône éternelle, salie par la gauche
Cette hostilité, à laquelle la gauche a habitué le paysage médiatique et politique, s’est traduite de manière particulièrement violente dans une partie de la presse et sur les réseaux sociaux. Le jour même de sa mort, Libération qualifiait Brigitte Bardot de « pionnière embarrassante de la cause animale », évoquant une « furie d’extrême droite » et des « dérives », comme si l’engagement d’une vie entière en faveur des animaux devait être relativisé, voire discrédité, par ses positions patriotes.
« Même quand tout le pays lève le pied à l’occasion de la trêve de Noël, la presse de gauche poursuit son entreprise de méchanceté. » a publié Jordan Bardella sur X, dénonçant la mécanique de dénigrement systématique. « Incapable de produire autre chose que de la haine recyclée, elle passe ses journées à déshumaniser ceux qui osent penser autrement. »
Mais si certains tentent d’entacher sa mémoire, Brigitte Bardot reste l’icône française en majuscule. Profondément libre, dans son art, dans son corps, dans ses engagements et ses paroles, incarnation d’une féminité affranchie, beauté française universellement reconnue, insolence joyeuse face aux conventions et avant-gardiste de la défense animale. Qu’elle ait refusé de se taire, qu’elle ait assumé ses convictions jusqu’au bout, qu’elle ait dérangé, voilà ce que certains ne lui pardonnent pas.
La question posée par la pétition d’Éric Ciotti dépasse largement le cas Bardot. Elle interroge la capacité de la France à honorer ses grandes figures autrement qu’à condition de les expurger de toute dissidence idéologique. Refuser un hommage national à Brigitte Bardot au nom de ses convictions, c’est confirmer que, dans la France contemporaine, le talent, le rayonnement et l’héritage ne suffisent plus : il faut aussi se soumettre. Or, celle qui sera enterrée mercredi 7 janvier à l’église Notre-Dame de l’Assomption à Saint-Tropez, ne s’est jamais soumise. C’est précisément pour cela qu’elle mériterait d’être honorée.