Les ministres de la Défense de l’Allemagne, de la France et de l’Espagne se réuniront en octobre pour tenter de remettre sur les rails le programme européen d’avion de combat du futur (SCAF), a annoncé jeudi le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius.
Le projet, lancé en 2017 et censé remplacer les actuels Rafale et Eurofighter à l’horizon 2040, est régulièrement freiné par des désaccords industriels et politiques entre les trois partenaires. « Les ministres sont condamnés à réussir », a déclaré Pistorius, reconnaissant que des renégociations seraient nécessaires pour adapter le programme. « Les intérêts nationaux devront être mis de côté par l’un ou l’autre », a-t-il ajouté.
Conçu pour doter l’Europe d’un système de combat aérien de nouvelle génération, le SCAF (Future Combat Air System, FCAS) repose sur un avion de chasse furtif accompagné de drones et connecté à un « cloud de combat ». Il est développé conjointement par Dassault Aviation, Airbus Defence and Space et Indra, mais la répartition des tâches entre industriels a été source de blocages répétés.
Les tensions entre Dassault et Airbus, notamment sur le partage de la maîtrise d’œuvre du cockpit et des systèmes de vol, ont déjà provoqué plusieurs retards. L’Espagne, entrée plus tard dans le projet, réclame par ailleurs une place équivalente à celle de ses partenaires.
Pour Berlin, Paris et Madrid, relancer le SCAF est stratégique face à la montée en puissance d’autres programmes concurrents, notamment le Tempest mené par le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon. Pistorius a reconnu que des « ajustements » seraient inévitables, mais a insisté sur la nécessité de préserver l’ambition commune.
Le prochain rendez-vous ministériel d’octobre devrait permettre d’examiner différents scénarios pour redynamiser la coopération, alors que les coûts de développement se chiffrent déjà en dizaines de milliards d’euros et que les besoins opérationnels des armées européennes deviennent de plus en plus pressants.