« Anecdotique » : les propos d’Ersilia Soudais sur les violences sexuelles commises par des étrangers provoquent un tollé
« Anecdotique » : les propos d’Ersilia Soudais sur les violences sexuelles commises par des étrangers provoquent un tollé

La honte a un visage depuis la manifestation parisienne annuelle Nous Toutes, samedi 22 novembre. Interrogée dans le cortège du rassemblement contre les violences faites aux femmes, la députée LFI de Seine-et-Marne, Ersilia Soudais, a affirmé que les viols commis par des étrangers sont « de l’ordre de l’anecdotique ». Une phrase prononcée samedi, provoquant un tollé immédiat. « Mais ça va pas ? Vous allez dire ça aux femmes victimes de violeurs étrangers ? » a aussitôt réagi Alice Cordier, figure de proue du Collectif Némésis.

Coup de gueule d’Alice Cordier après les propos d’Ersilia Soudais

Dans la vidéo diffusée ce week-end, la députée insoumise explique que « neuf femmes sur dix connaissent leur violeur », avant d’accuser le collectif Némésis « d’instrumentaliser le féminisme à des fins racistes ». Pour elle, pointer la responsabilité d’auteurs étrangers reviendrait à détourner le débat et, surtout, à stigmatiser. Une tentative de relativisation indéfendable, dénoncée par Alice Cordier sur CNEWS ce matin :

« Est-ce qu’elle serait capable de dire ça dans les yeux des femmes violées par des étrangers ? Elle dira ça à la maman de Philippine, qui a été violée et tuée par un étranger sous le OQTF, à la maman de Lola, à toutes ces familles de victimes qui ne reverront jamais leurs filles ou alors qui ont été détruites ? (…) À quel moment une femme, à une manif contre les violences faites aux femmes, explique que certaines violences sur des milliers de femmes sont un détail ? »

Car si la surreprésentation des étrangers dans la délinquance fait débat, les chiffres du ministère de l’Intérieur sont pourtant là : en 2024, sur 122 000 violences sexuelles, 13% des mis en cause sont étrangers, soit 15 940 agressions. Pour les viols et tentatives de viol, cela représente 6 482 victimes.

Surreprésentation des étrangers, partout en France

C’est sans parler des chiffres des violences sexuelles enregistrées dans les transports en commun. Selon Beauvau, 62 % de leurs auteurs sont étrangers. Une réalité que vivent chaque jour des millions de femmes, contraintes de modifier leurs trajets, leurs horaires, voire d’éviter certains transports par peur d’être agressées. Et ce phénomène ne se limite plus à la région parisienne : hors Île-de-France, la part des auteurs étrangers dans les violences sexuelles commises dans les transports est passée de 32 % en 2019 à 43 % en 2023 (toujours selon le ministère de l’Intérieur), soit une hausse de plus de dix points en tout juste quatre ans. L’impact migratoire dans l’explosion des agressions sexuelles n’est plus seulement un problème francilien, mais une réalité qui touche désormais les usagères sur l’ensemble du territoire.

Dans ce contexte, qualifier ces violences « d’anecdotiques » n’est pas seulement une erreur d’analyse mais une négation statistique et une insulte aux milliers de femmes qui subissent ces agressions chaque année. Dénoncer le « racisme » supposé de féministes identitaires pour minimiser la violence subie par des milliers de femmes françaises agressées par des étrangers, réguliers comme irréguliers, laisse un goût amer. Et celles qui, comme Claire Geronimi, en paient le prix fort, n’ont plus la patience d’entendre qu’il ne s’agit là que d’un détail.

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