Huit mois après avoir été interpellé en flagrant délit d’achat de drogue dans le métro parisien, Andy Kerbrat réintègre les bancs de l’Assemblée nationale ce mardi. Loin d’une mise en retrait prolongée ou d’une remise en question politique, le député de Loire-Atlantique revient avec le soutien appuyé de La France insoumise, au nom d’un discours sur la santé publique et les addictions. Une posture qui suscite malaise et indignation.
Une tolérance qui interroge jusqu’au sein de l’hémicycle
Contrôlé en octobre 2024 alors qu’il achetait de la 3-MMC, une drogue de synthèse interdite, le député n’a jamais contesté les faits. Il a reconnu une addiction liée, selon lui, à des traumatismes personnels. S’il a remboursé 95 % des dépenses suspectes engagées avec ses frais de mandat, dont certaines auraient servi à financer ses achats de stupéfiants selon Mediapart, le scandale a écorné l’image de l’Assemblée, déjà fragilisée par d’autres affaires. L’exclusion temporaire de quinze jours prononcée en mai, la plus sévère prévue par le règlement, n’aura donc été qu’un court passage à vide. Jean-Luc Mélenchon, lui, avait salué le « courage » de son député, Sandrine Rousseau plaidant un traitement « sanitaire » et non politique du sujet. Mais à droite comme au centre, des voix s’élèvent : peut-on vraiment tolérer qu’un élu ayant gravement failli à son devoir d’exemplarité réintègre aussi facilement le Parlement ?
Un cas personnel instrumentalisé par une ligne politique
En revenant, Andy Kerbrat brandit son cas comme symbole d’un combat plus large, celui de la dépénalisation des drogues dures et de la légalisation encadrée. Derrière la compassion affichée, certains voient surtout une tentative opportuniste de banaliser un comportement grave en l’inscrivant dans l’agenda idéologique de LFI. Le malaise est d’autant plus profond que l’épisode révèle une consommation préoccupante de drogue et d’alcool à l’Assemblée, évoquée par plusieurs enquêtes. Le cas Kerbrat, loin d’être isolé, met en lumière une dérive que certains préfèrent taire plutôt que d’affronter. Une situation qui, dans n’importe quelle entreprise ou fonction publique, aurait mené à la révocation immédiate.