Les habitants des communes bordant l’aéroport Marseille-Provence n’en peuvent plus. Réunis autour d’une même revendication, neuf maires de la métropole exigent la mise en place d’un couvre-feu complet des vols entre 23 heures et 6 heures du matin. Dans un courrier adressé au préfet de région, ces élus dénoncent une situation devenue « intolérable », marquée par des nuisances sonores incessantes qui, selon eux, menacent la santé et le sommeil de plus de 100 000 riverains.
Un ras-le-bol partagé au-delà des clivages politiques
Les signataires, issus de communes comme Marseille, Marignane, Vitrolles, Les Pennes-Mirabeau, Le Rove, Berre-l’Étang, Septèmes-les-Vallons, Saint-Victoret et Cabriès, ont uni leurs voix malgré leurs appartenances politiques diverses. Tous décrivent un même scénario : le vacarme des avions en décollage ou à l’atterrissage jusqu’au cœur de la nuit, les vibrations répétées, les fenêtres qu’on ferme en plein été pour espérer dormir quelques heures. Selon eux, les dispositifs de régulation existants, limitations horaires partielles et surveillance acoustique, ne suffisent plus à contenir le problème. Les maires invoquent désormais la protection de la santé publique, citant les troubles du sommeil, le stress chronique et les risques cardiovasculaires liés à une exposition prolongée au bruit aérien. Pour ces élus, la seule mesure efficace serait un couvre-feu intégral, assorti de sanctions « réellement dissuasives » pour les compagnies qui ne le respecteraient pas.
Un débat qui prend de l’altitude
La demande fait écho à d’autres mobilisations en France, comme celles des riverains d’Orly ou de Toulouse-Blagnac, où la pression citoyenne a conduit à des restrictions nocturnes plus strictes. L’aéroport Marseille-Provence, l’un des plus fréquentés du pays hors région parisienne, concentre aujourd’hui la colère d’une population qui estime que la croissance du trafic s’est faite au détriment de leur qualité de vie. Reste à savoir si la préfecture acceptera de trancher en faveur d’une mesure radicale qui impacterait directement les compagnies low-cost et le fret aérien nocturne. En attendant, les habitants des Bouches-du-Rhône continuent de compter les avions plutôt que les moutons, espérant que le silence finira par tomber, au moins entre deux nuits sans sommeil.