Accord franco-algérien de 1968 : Lecornu veut renégocier, Marine Le Pen réclame l’application du vote de l’Assemblée
Accord franco-algérien de 1968 : Lecornu veut renégocier, Marine Le Pen réclame l’application du vote de l’Assemblée

Nouvel épisode dans la séquence politique ouverte par le vote historique du 30 octobre. Interrogé cet après-midi à l’Assemblée nationale par Marine Le Pen, le Premier ministre Sébastien Lecornu a déclaré souhaiter que la renégociation de l’accord franco-algérien de 1968 démarre « le plus vite possible ». Une déclaration qui intervient moins d’une semaine après l’adoption par les députés d’une proposition de résolution du Rassemblement national, appelant à dénoncer cet accord migratoire jugé « dérogatoire » et « obsolète ».

https://twitter.com/mlp_officiel/status/1985713495564812438?s=46

« La question des traités et des accords revient à l’exécutif. Il s’agit d’une résolution, seulement d’une résolution », a rappelé le Premier ministre, refusant pour l’heure de s’engager sur une dénonciation pure et simple du texte.

Marine Le Pen : « Ce n’est pas ce qu’a voté l’Assemblée »

Face à la réponse prudente du Premier ministre, Marine Le Pen a aussitôt répliqué :

« M. le Premier ministre, la renégociation de l’accord avec l’Algérie, c’est votre avis personnel. Mais ce n’est pas ce qu’a voté l’Assemblée nationale. »

https://twitter.com/mlp_officiel/status/1985716295321485559?s=46

Pour rappel, la résolution portée par le député RN Guillaume Bigot (Territoire de Belfort) avait été adoptée à une voix près (185 pour, 184 contre), avec le soutien d’une partie des députés LR et Horizons. Le texte n’est certes pas contraignant, mais il exprime clairement la volonté de la représentation nationale et celle d’une majorité de Français.

74 % des Français favorables à la suppression des accords de 1968

Un sondage CSA pour CNews, le JDD et Europe 1, publié le 31 octobre, vient confirmer l’ampleur du soutien populaire à la position défendue par le RN. Près de trois quarts des Français (74 %) se disent favorables à la suppression de l’accord de 1968 qui accorde aux Algériens des facilités de séjour, d’emploi et de regroupement familial en France.

Ce chiffre atteint 95 % chez les sympathisants du RN, 94 % à droite, mais aussi plus de la moitié chez les électeurs de gauche, signe d’un large consensus national sur la nécessité de mettre fin à un texte jugé inégalitaire et dépassé.

Une question de souveraineté

Cet accord, signé il y a près de soixante ans, accorde toujours aux ressortissants algériens un régime dérogatoire au droit commun, sans réciprocité pour les Français vivant en Algérie. À l’heure où l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal gît depuis un an dans les geôles d’Alger et alors que le régime algérien refuse de reprendre certains de ses ressortissants expulsés, le maintien de ces privilèges interroge à juste titre l’opinion publique.

Pour Marine Le Pen, la position du gouvernement traduit une timidité coupable face à un sujet de souveraineté. La cheffe du RN l’a rappelé : « La France doit enfin se faire respecter. Le peuple, par ses représentants, a parlé. »

Que retenir rapidement ?

Nouvel épisode dans la séquence politique ouverte par le vote historique du 30 octobre. Interrogé cet après-midi à l’Assemblée nationale par Marine Le Pen,

Partager