120 ans de la loi de 1905, la France face au vide de sa laïcité… et à la menace islamiste
120 ans de la loi de 1905, la France face au vide de sa laïcité… et à la menace islamiste

Dix ans ont passé depuis les attentats du 13 novembre ou du Thalys. Qui se souvient du 21 août 2015, alors qu’Ayoub El Khazzani montait dans le Thalys Amsterdam-Paris avec 270 balles, une Kalachnikov, un Luger et la mission de massacrer l’ensemble des passagers ? L’histoire aurait dû rejoindre la longue liste des attentats réussis mais est devenue le récit d’un miracle arraché de haute lutte. Khazzani n’était certes pas un loup solitaire, il appartenait au même commando dirigé depuis Raqqa par Abdelhamid Abaaoud, organisateur des attaques de Verviers, du 13 novembre et de Bruxelles. Comme eux, il avait emprunté la route des migrants pour rejoindre la France quelques semaines avant que Paris ne bascule dans l’horreur.

À l’heure où la France commémore les 120 ans de la loi de 1905, censée garantir la paix civile, cet épisode revient comme une gifle : la laïcité ne protège plus de rien. Pas d’un terroriste fiché S venu de Syrie. Pas d’une idéologie qui traverse nos frontières, nos écoles, nos trains. Pas même de la montée en puissance d’un islamisme qui n’a cessé, depuis, de défier l’État.

La laïcité à l’épreuve de la menace islamiste

120 ans après l’instauration de la loi de 1905, la France est-elle armée idéologiquement pour affronter la menace islamiste, réelle et meurtrière, qui la vise depuis plus de dix ans ? Pour la première fois depuis des décennies, la célébration sonne creux.

Qui peut encore prétendre que la laïcité est menacée par les crèches de Provence, la Fête des Lumières à Lyon pour l’Immaculée Conception ou les processions traditionnelles, plutôt que par l’islamisme, ses revendications politiques et son infiltration progressive, du voile dans l’espace public aux réglementations halal, des piscines pour femmes aux associations sportives, des voitures-béliers à Nice ou Strasbourg au Père Hamel ou à Arnaud Beltrame ? Qui peut encore prétendre combattre l’islam radical par la mollesse de la laïcité dans sa version 1905 ? On le sait, la nature a horreur du vide et la jeunesse besoin de radicalité. Que donne aujourd’hui, comme élans aux jeunes générations, la défense d’un principe autodestructeur, puisqu’il promeut l’effacement de ce qui a fait la France, ôtant récit glorieux et sentiment de fierté nationale ?

La France n’est pas née laïque mais chrétienne, façonnée par la civilisation greco-latine, passant d’Athènes à Rome et Jérusalem. En s’enfermant dans une séparation des Églises et de l’État ouvertement hostile à la chrétienté, la République est devenue incapable de pointer du doigt son véritable adversaire qui, lui, ose encore se définir avec force comme civilisation, religion, culture et loi. Cette laïcité n’a pas protégé Samuel Paty. Elle n’a pas endigué l’islamisme. Elle n’a pas empêché la France de connaître plus de 270 morts en dix ans d’attentats. Elle n’a pas empêché nos campagnes d’être bouleversées par une immigration massive issue de pays qui, eux, assument à juste titre leur identité religieuse, musulmane, explicitement.

120 ans plus tard, alors que la menace islamiste n’est plus seulement importée mais désormais bel et bien enracinée sur le sol français, portée parfois par des individus nés, éduqués et radicalisés en France, n’est-il pas pas temps d’admettre que la laïcité ne suffit plus ? On ne protège pas un pays en lui demandant de s’effacer. On ne forge pas une cohésion en proclamant le vide comme horizon commun. Il semble plus que jamais temps pour la France d’assumer qui elle est, ou elle cessera d’être.

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