— Mort du footballeur Sala : Cardiff débouté face à Nantes, le tribunal refuse les 120,2 millions d’euros demandés
Mort du footballeur Sala : Cardiff débouté face à Nantes, le tribunal refuse les 120,2 millions d’euros demandés

L’un des feuilletons judiciaires les plus douloureux du football français vient de connaître un tournant. Ce lundi, le tribunal de commerce de Nantes a débouté Cardiff City de l’intégralité de sa demande de 120,2 millions d’euros contre le FC Nantes dans le contentieux né après la mort d’Emiliano Sala. Mieux encore pour le club français : la juridiction a condamné le club gallois à verser 300 000 euros au titre du préjudice moral et 180 000 euros de frais de procédure, soit un total de 480 000 euros. 

Le tribunal renverse complètement la charge du dossier

Pendant des années, Cardiff a tenté de faire reconnaître une faute du FC Nantes dans les circonstances ayant entouré le drame. Le club gallois soutenait que le club nantais était impliqué, par l’intermédiaire de Willie McKay, dans l’organisation du vol privé à bord duquel Emiliano Sala avait pris place. Le tribunal n’a pas suivi cette lecture : selon les premiers comptes rendus de la décision, Nantes n’a pas été jugé fautif dans l’organisation du vol, Cardiff n’a pas démontré un préjudice indemnisable, tandis que le FC Nantes a, lui, été reconnu victime d’un préjudice moral. Le jugement a été rendu en présence de Mercedes Taffarel, la mère du joueur argentin. 

Les 120 millions d’euros réclamés ne seront pas accordés

L’argumentaire de Cardiff reposait sur une mécanique étonnante : le club gallois expliquait que la disparition de Sala lui avait coûté sportivement et économiquement très cher, jusqu’à nourrir une estimation de plus de 120 millions d’euros. Ses experts avaient notamment bâti leur démonstration sur l’idée que l’attaquant argentin aurait pu contribuer au maintien en Premier League, et donc préserver des revenus colossaux ainsi que l’image du club. À l’audience, Nantes avait dénoncé des projections jugées excessives, voire déconnectées du réel. La décision rendue ce lundi enterre de fait cette stratégie et transforme une offensive judiciaire XXL en revers cinglant. 

Un nouveau revers après une série de défaites pour Cardiff

Ce jugement ne tombe pas dans un vide juridique. Depuis 2019, Cardiff a déjà subi plusieurs décisions défavorables dans le dossier Sala. La FIFA avait d’abord ordonné au club gallois de régler la première échéance de 6 millions d’euros du transfert. En août 2022, le Tribunal arbitral du sport a confirmé que le transfert était bien finalisé au moment du décès du joueur. Puis, en 2023, Cardiff a indiqué que la FIFA lui avait aussi ordonné de payer les deuxième et troisième échéances du transfert. Autrement dit, la décision de ce 30 mars 2026 s’inscrit dans une longue séquence judiciaire qui a, jusqu’ici, presque toujours tourné à l’avantage du FC Nantes. 

Un drame humain que la justice n’effacera jamais

Au centre de ce conflit, il y a surtout une tragédie. Emiliano Sala, 28 ans, avait été transféré de Nantes à Cardiff pour un montant total de 17 millions d’euros lorsqu’il a trouvé la mort, le 21 janvier 2019, dans le crash d’un Piper Malibu au-dessus de la Manche alors qu’il rejoignait le pays de Galles. Le pilote, David Ibbotson, est lui aussi décédé. Sept ans plus tard, la justice commerciale française ne referme pas toute la douleur laissée par ce drame, mais elle vient de refermer un chapitre essentiel : celui d’une tentative de faire porter au FC Nantes une responsabilité civile que le tribunal n’a pas retenue. 

Nantes gagne bien plus qu’un procès

Pour le FC Nantes, cette décision vaut double victoire : financière d’abord, symbolique ensuite. Non seulement le club échappe à une menace judiciaire massive, mais il obtient aussi réparation dans une procédure où son image était directement mise en cause. Pour Cardiff, en revanche, l’échec est total : le club ne récupère rien, voit sa thèse rejetée et repart condamné. Dans un dossier devenu, au fil des années, l’un des plus lourds et des plus sensibles du football européen, le message du tribunal de commerce de Nantes est limpide : les 120,2 millions réclamés ne tenaient pas devant le droit. 

Partager