Opération sauvetage en cours. Alors que de nombreux clubs professionnels sont en difficultés financières, le football français serait à l’aube d’une nouvelle gouvernance.
Le président de la FFF Philippe Diallo a fait part de ses idées pour le renouveau du football français. A court et moyen terme. Avec une forte inspiration britannique.
Des changements clés seraient effectifs en 2026/27 avec la disparition de la Ligue de football professionnel (LFP) dirigée par Vincent Labrune et la création d’une société commerciale dont les clubs seront actionnaires. La FFF gardera un véto. La Fédération étant sous délégation de service public auprès du Ministère des sports, on comprend donc que l’Etat reprend la main.
« C’est un projet de rupture avec l’organisation actuelle du football professionnel« , confirme le patron de la FFF, debout aux côtés de la ministre des Sports Marie Barsacq.
CVC out ?
Le but est de moderniser la gestion et augmenter les revenus des droits TV (tombés bien bas). Ce que ne dit pas Philippe Diallo, c’est qu’avec l’extinction de la LFP, l’Etat pourrait peut-être mettre fin au contrat avec CVC. Le fonds d’investissement luxembourgeois est lié avec le football français par un contrat de partage de droits commerciaux avec la LFP. Hors sans LFP, pas de CVC ? Vraie question.
Ce serait donc LA solution pour dénoncer ce contrat « à vie » signé par la LFP pendant la Covid-19 pour financer et sauver le football français ?
Bientôt la fin de l’ère Labrune
Si CVC sauve sa peau (ou plutôt son contrat très lucratif), Vincent Labrune risque de dire au revoir à son poste. « Dans la LFP, il y a un président élu. Dans la future société commerciale, il y aura un directoire de professionnels qui seront des mandataires, nommés et révoqués par les clubs. Donc on sort d’un système électif pour passer à un système de nomination des dirigeants« , explique encore Philippe Diallo.
Finies les guerres intestines pour faire élire les copains ou détruire les ennemis. L’Etat redevient maître de ce système du football français qui s’est crashé dans le décor.
« Dans le projet nouveau, la fédération va se doter pleinement des moyens d’exercer ces missions. D’abord en étant au capital de la société commerciale future, à laquelle sera attaché un droit de véto sur un certain nombre de questions d’intérêt général. Par exemple, on ne pourra pas changer le format de la compétition, sans que la Fédération puisse donner son accord« , détaille le président de la FFF.
Le projet sera débattu au Sénat dés le 10 juin 2025.