Coupe du monde des clubs - L’UNFP dénonce un jeu de massacre: "Les footballeurs ne sont pas des machines!"
Coupe du monde des clubs – L’UNFP dénonce un jeu de massacre: « Les footballeurs ne sont pas des machines! »

L’Union nationale des footballeurs professionnels a publié un communiqué virulent pour dénoncer l’organisation de la nouvelle Coupe du monde des clubs, qui se joue actuellement aux États-Unis, et le rôle central qu’y joue le président de la FIFA, Gianni Infantino. Le syndicat des joueurs français met en garde contre une surcharge du calendrier qui «met en péril la santé physique et mentale des joueurs» et appelle à une réaction urgente : « Il est urgent d’arrêter de jeu de massacre! »

Déjà critiqué pour sa gestion du calendrier international, Gianni Infantino voit sa vision d’un football globalisé et ultramédiatisé contestée de toutes parts. La Coupe du monde des Clubs, qui réunit 32 clubs, dont le Paris Saint-Germain, seul représentant français, inquiète non seulement les syndicats mais aussi plusieurs entraîneurs.

« En multipliant les compétitions au nom du profit, Gianni Infantino transforme chaque saison en un parcours d’usure« 

Dans son communiqué officiel, l’UNFP accuse la FIFA de mépriser les droits fondamentaux des joueurs. « En multipliant les compétitions au nom du profit, Gianni Infantino transforme chaque saison en un parcours d’usure, au mépris des conventions collectives qui garantissent un minimum de trois semaines de repos entre deux saisons », écrit le syndicat.

Cette critique s’inscrit dans un contexte où le PSG a disputé plus de 60 matchs en 2024-2025 toutes compétitions confondues. Le club francilien pourrait atteindre 65 matchs si une qualification jusqu’en finale du tournoi (prévue le 13 juillet 2025 à New York) se confirme. Une date qui rendrait quasiment impossible une préparation estivale normale, avec la reprise de la Ligue 1 prévue mi-août.

« Les footballeurs ne sont pas des machines »

Les craintes exprimées par l’UNFP ne sont pas isolées. Jürgen Klopp, l’ex-entraîneur de Liverpool, s’est également insurgé contre l’empilement des compétitions : « Si personne ne protège les joueurs, alors qui le fera ? Ce qu’on fait avec eux est irresponsable. »

Le joueur allemand Toni Kroos a aussi qualifié le projet de la FIFA de « grotesque », estimant que « les footballeurs ne sont pas des machines ». La FIFPRO, le syndicat international des joueurs, a de son côté publié en mai 2024 une étude alarmante : plus de 50% des joueurs interrogés affirmaient ne pas bénéficier de la période de repos minimum fixée à 28 jours par saison.

Des conséquences pour la Coupe du monde 2026 ?

Le communiqué de l’UNFP se conclut par une inquiétude très concrète : celle de voir l’équipe de France privée de plusieurs cadres lors des qualifications à la Coupe du monde 2026, avec des matchs programmés début septembre contre l’Ukraine et l’Islande. Faut-il laisser les internationaux se reposer ou les convoquer au risque de blessures chroniques ?

Le sélectionneur Didier Deschamps pourrait se retrouver face à un dilemme, à l’image de nombreuses autres nations dont les joueurs évoluent dans les grands clubs européens engagés au Mondial des clubs.

Si la fronde menée par l’UNFP reste symbolique pour l’instant, elle pourrait marquer le début d’une mobilisation syndicale internationale. La FIFPRO a déjà laissé entendre qu’elle envisageait une action concertée si la FIFA persistait à ignorer les périodes de repos réglementaires.

Dans ce contexte, le projet d’Infantino, censé faire rayonner encore davantage la marque FIFA, pourrait bien devenir le point de rupture d’un modèle de gouvernance du football mondial de plus en plus contesté.

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