La compagnie israélienne Batsheva Dance Company ne se produira pas cette année au festival Montpellier Danse. La décision, annoncée le 16 juin, intervient dans un contexte de tensions géopolitiques qui empêchent physiquement la troupe de rejoindre la France. La grande leçon de danse GAGA prévue le 22 juin est elle aussi annulée.
Un déplacement rendu impossible par la fermeture de l’espace aérien israélien
Les représentations de MOMO, la dernière création du chorégraphe Ohad Naharin, devaient ouvrir le festival les 21 et 22 juin. Mais la détérioration rapide de la situation au Proche-Orient, notamment la fermeture prolongée de l’aéroport Ben Gourion en raison du conflit entre Israël et l’Iran, a contraint la Batsheva à annuler sa venue. Selon l’Autorité aéroportuaire israélienne, aucun vol entrant ou sortant n’était possible depuis dimanche, alors que plusieurs pays voisins, dont l’Irak, la Jordanie et l’Iran, ont eux aussi fermé leur espace aérien.
Dans un message transmis au festival et relayé par l’AFP, Dina Aldor, directrice exécutive de la compagnie basée à Tel-Aviv, a exprimé ses regrets : « Nous étions impatients de vous retrouver. Le festival a toujours été pour nous un lieu de soutien artistique. » Elle précise que MOMO avait été choisi pour honorer la mémoire de Jean-Paul Montanari, directeur emblématique de Montpellier Danse, disparu en avril dernier.
Un appel à la paix au cœur de l’annulation
Dans le même message, Dina Aldor souligne que la troupe déplore de ne pouvoir « dédier les représentations à notre cher Jean-Paul » comme prévu initialement, et partage un message fort : « Nous appelons à la fin immédiate de la violence et croyons en notre capacité humaine à parvenir à la réconciliation et à la compréhension, pour une vie sûre et digne pour tous. »
Le spectacle Anafaza, initialement prévu, avait été remplacé par MOMO à la demande d’Ohad Naharin lui-même, en hommage personnel à Montanari. Le festival a précisé dans un communiqué que les spectateurs pourront obtenir le remboursement de leurs billets. La présence de la compagnie à Paris, au Théâtre national de Chaillot du 11 au 19 juillet, reste pour l’heure maintenue.