Pendant des semaines, elle a vécu dans l’ombre, sous les marches d’un immeuble de Vernon. Madeleine*, 47 ans, atteinte d’un cancer de l’utérus détecté trop tard, a dû s’abriter dans une cave de son immeuble après son expulsion. Son calvaire n’a pris fin que récemment, lorsque les services sociaux ont enfin réussi à la faire hospitaliser.
Un enchaînement de négligences aux conséquences dramatiques
L’histoire débute en pleine trêve hivernale. Malgré cette période de protection légale, Madeleine est expulsée de son appartement par décision judiciaire, après plusieurs signalements émis par le bailleur social à la suite d’un dégât des eaux. N’ayant pas répondu aux sollicitations de l’organisme MonLogement27, son logement est scellé. Problème : ses effets personnels sont restés à l’intérieur, et elle se retrouve à la rue, avec pour seul refuge la cave du bâtiment. Faute d’hygiène et de soins, son état de santé se dégrade rapidement. Amaigrie de 28 kilos, elle contracte plusieurs infections.
Ce repli forcé durera un mois
Ses anciens voisins, alertés par sa détresse, alertent les services sociaux et insistent jusqu’à obtenir une hospitalisation. Une bénévole, qui s’est également occupée des chats de Madeleine restés avec elle dans la cave, dénonce un système incapable de faire face à l’urgence : « Elle a été trimballée d’un centre à un autre, sans solution durable. Ce qu’il lui faut, c’est un centre médicalisé, avec un accompagnement complet. » Depuis dix jours, Madeleine est soignée à l’hôpital de Vernon. Mais sa situation reste précaire. Après un relogement de courte durée, ses affaires ont été jetées sans ménagement, y compris ses papiers. Ce parcours, fait d’indifférence et de lenteurs administratives, laisse derrière lui une femme malade, sans domicile, sans repères, et désormais sans souvenirs. Une errance que les institutions n’ont pas su enrayer, malgré les alertes répétées.
*nom fictif