Un spectaculaire coup de filet a eu lieu dimanche 31 août à Valence, dans la Drôme. Un jeune Suisse d’une vingtaine d’années, retenu en otage, a été libéré par le GIGN et les unités spécialisées de la gendarmerie. Selon les premières informations, cette séquestration s’inscrirait dans une série d’affaires criminelles liées au milieu des cryptomonnaies. L’intervention, menée près de la gare TGV de Valence, a mobilisé 150 militaires issus de la gendarmerie locale, de la section de recherches de Grenoble, de l’Unité nationale de police judiciaire et du GIGN. La victime a été retrouvée ligotée dans une habitation. Sept personnes ont depuis été placées en garde à vue et devraient être présentées à la Juridiction interrégionale spécialisée de Lyon. Aucun détail n’a filtré pour l’heure sur la durée de la séquestration, ni sur l’identité des ravisseurs.
Le monde de la cryptomonnaie pris pour cible
Depuis le début de l’année 2025, les forces de l’ordre font face à une vague d’enlèvements et tentatives d’enlèvements visant des personnalités ou proches de figures liées aux cryptomonnaies. En janvier, un homme de 56 ans, père d’un influenceur crypto installé à Dubaï, avait été retrouvé dans le coffre d’une voiture près du Mans, après avoir été kidnappé dans l’Ain. Quelques semaines plus tard, David Balland, cofondateur de Ledger, et sa compagne étaient enlevés à leur domicile du Cher. Le dirigeant avait eu un doigt sectionné avant d’être libéré lors d’un assaut, tandis que sa compagne avait été retrouvée ligotée dans un véhicule.
Les affaires de ce type se multiplient
Le 1er mai, à Paris, le père d’un entrepreneur crypto basé à Malte avait été séquestré. Là encore, la victime avait eu un doigt coupé et une rançon de plusieurs millions d’euros avait été réclamée. Elle avait été libérée deux jours plus tard lors d’une opération de la BRI. En mai toujours, une tentative d’enlèvement visant la fille et le petit-fils du PDG de la société Paymium avait échoué, la scène ayant même été filmée et largement relayée en ligne. Avec la multiplication de ces attaques, les enquêteurs redoutent l’installation durable d’une criminalité organisée structurée autour des fortunes numériques. Pour les autorités, ces enlèvements sont devenus une méthode brutale pour extorquer des rançons en cryptomonnaies, difficiles à tracer. À Valence, l’enquête se poursuit sous l’autorité de la Jirs de Lyon pour tenter d’éclaircir les motivations exactes des suspects et déterminer si ce dossier s’inscrit dans la même série que les précédents.