Dans la nuit de dimanche à lundi, un homme s’est introduit dans la mosquée Errahma de Villeurbanne et a incendié un exemplaire du Coran avant de le déposer à l’extérieur. Une attaque qui s’ajoute à une série d’actes violents et ciblés, et qui bouleverse les fidèles comme les responsables de l’édifice religieux.
Un geste de haine dans un lieu de paix
Il est 3h45, à peine vingt minutes avant la première prière de la journée. Un individu, visage découvert, pénètre dans la salle de prière de la mosquée Errahma. Il retire ses chaussures à la demande des présents, s’empare discrètement d’un Coran, puis sort et l’enflamme juste devant l’entrée principale. La scène est captée par les caméras de vidéosurveillance. L’homme, qui ne fréquente visiblement pas la mosquée, est activement recherché. Il serait âgé d’environ 30 à 40 ans. Les responsables du lieu de culte, profondément choqués, ont porté plainte. Une enquête a été ouverte. « On veut que la police fasse son travail, pas que cet acte nourrisse la haine ou la peur », insiste Nabil Bouslama, secrétaire de la mosquée. L’émotion est vive, mais la volonté d’apaisement demeure.
Climat tendu et sentiment d’insécurité croissant
Pour les fidèles, cet acte symbolique n’est pas un incident isolé, mais le symptôme d’un climat de plus en plus pesant. Les propos du Conseil des Mosquées du Rhône vont dans le même sens. L’attaque s’inscrirait dans un contexte d’agressions répétées, quelques jours après l’assassinat d’Aboubacar Cissé dans une mosquée du Gard, et l’agression à caractère raciste d’un Tunisien à Puget-sur-Argens. L’émotion se mêle à l’inquiétude, d’autant plus que certaines mosquées de Villeurbanne avaient été mentionnées dans le récent rapport du ministère de l’Intérieur sur les Frères musulmans. Une coïncidence troublante que Nabil Bouslama refuse pour l’heure d’interpréter sans éléments de l’enquête. Mais pour beaucoup, ce climat ne peut être ignoré plus longtemps.