Les autorités judiciaires ont lancé des investigations après la mise au jour d’un pistolet automatique accompagné de munitions dans un massif de végétation situé à proximité immédiate du marché de Noël de Strasbourg. La procureure de la République, Clarisse Taron, a confirmé la découverte en précisant que le service interdépartemental de la police judiciaire de Strasbourg était désormais chargé de l’affaire. Les premiers examens ont permis d’identifier l’arme comme un pistolet dérobé en 2022 au domicile d’un tireur sportif dans le Haut-Rhin.
Un dispositif sécuritaire déjà renforcé autour du marché
Le marché de Noël, qui attire chaque année plusieurs millions de visiteurs, bénéficie depuis son ouverture d’un niveau de sécurité très élevé. Tous les accès à la Grande-Île font l’objet de contrôles systématiques, notamment pour les sacs volumineux, les bagages ou tout objet pouvant gêner la circulation ou présenter un risque.
Environ un millier d’agents sont mobilisés quotidiennement : police nationale, police municipale, CRS, gendarmes mobiles, militaires et agents de sécurité privés patrouillent à pied, surveillent les zones sensibles et contrôlent les flux grâce à des points d’entrée filtrés. Une surveillance aérienne par drone complète le dispositif. Afin de limiter les attroupements, plusieurs rues du centre-ville ont été temporairement mises en sens unique, et la circulation automobile est strictement restreinte dans tout le périmètre du marché. L’accès à certains lieux emblématiques, comme la cathédrale, a également été adapté en fonction de l’affluence.
Le spectre de l’attentat de 2018
La ville est encore marquée par l’attaque survenue en 2018 sur ce même marché, un événement qui a profondément transformé l’organisation sécuritaire de la manifestation. Depuis, le dispositif repose sur une stratégie mêlant prévention, présence visible des forces de l’ordre, fouilles aléatoires et vidéosurveillance renforcée, avec pour objectif de protéger les 3 à 4 millions de visiteurs attendus chaque année.
Les enquêteurs tentent de retracer le parcours de l’arme
Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer depuis combien de temps le pistolet se trouvait sur place, qui a pu l’y déposer et dans quel but. L’identification de l’arme comme provenant d’un cambriolage commis il y a trois ans oriente une partie des recherches, mais aucune piste privilégiée n’est pour l’instant communiquée. Les analyses balistiques, l’étude de l’environnement immédiat et l’exploitation de la vidéosurveillance doivent permettre d’établir si cette présence est liée ou non à un projet criminel.
La ville, engagée dans l’une de ses périodes les plus fréquentées de l’année, maintient toutes ses mesures de sécurité alors que les investigations se poursuivent.