Une fusillade de plus, en pleine ville, à l’arme automatique. Ce week-end, des coups de feu ont à nouveau éclaté à Rennes, dans le quartier populaire de Villejean. Bilan : deux mineurs blessés par balles, un troisième passé à tabac, une kalachnikov abandonnée sur la route, et trois jeunes interpellés. Quinze jours à peine après une précédente fusillade au même endroit, le constat s’impose : Villejean est en guerre. Et les habitants paient la facture du narcotrafic. Vers 19h30, une voiture s’arrête à proximité de la dalle Kennedy, centre névralgique du quartier. Des hommes en descendent, armés, et ouvrent le feu. Dix coups partent, au moins. Deux adolescents de 16 et 17 ans sont touchés aux jambes, un troisième est roué de coups. L’arme utilisée ? Une arme de guerre, probablement une kalachnikov, retrouvée un peu plus tard sur l’itinéraire de fuite.
Un quartier cerné, une violence devenue mécanique
La scène est choquante, mais tristement banale. Le 17 avril, trois hommes avaient déjà été blessés à quelques mètres de là. Quatre suspects avaient été écroués, tous liés à un réseau venu d’Île-de-France pour installer son business sur la dalle Kennedy. Ce samedi, les assaillants ont été rapidement interpellés à Saint-Grégoire. Âgés de 19 à 21 ans, ils ont été placés en garde à vue. Les victimes, mineures, ont été hospitalisées. Le parquet de Rennes a ouvert une enquête pour tentative de meurtre en bande organisée. Dans l’appartement voisin, des impacts de balles. Trois véhicules endommagés. Une routine urbaine qui prend des allures de scène de guerre. « C’est terrible. Ça recommence, encore. Et même avec des policiers sur place », confie une élue locale, impuissante. Face à la gravité des faits, une compagnie de CRS a été dépêchée en renfort dans la nuit.
Villejean abandonnée aux trafiquants ?
Le parquet parle d’un réseau solidement implanté. Les élus dénoncent un engrenage infernal. « Ce nouvel épisode est glaçant, révoltant », a déclaré Lénaïc Brièro, adjointe à la sécurité. « L’incompréhension est totale, malgré la mobilisation des forces locales. Les moyens de l’État ne suffisent plus à protéger les habitants. » Une chose est sûre : à Villejean, les règlements de comptes ne se comptent plus. Ils s’enchaînent. Mineurs blessés, armes de guerre, représailles en boucle. Et toujours la même question suspendue au-dessus du quartier : combien de temps encore avant qu’un gamin y laisse la vie ?