Rave interdite dans l’Aude : les fêtards campent sur des terrains calcinés @JENS
Rave interdite dans l’Aude : les fêtards campent sur des terrains calcinés @JENS

L’Aude n’a pas fini de compter ses plaies et pourtant, sur les cendres encore noires des Corbières, une rave continue de battre son plein. Dans la nuit de samedi à dimanche, les autorités ont multiplié les barrages pour empêcher de nouveaux participants de rejoindre la fête. Pas moins de 150 gendarmes se sont déployés dans le secteur de Fontjoncouse, coupant plusieurs routes départementales et verbalisant systématiquement ceux qui tentaient de franchir les contrôles. La préfecture a confirmé que plusieurs interpellations avaient eu lieu et que certaines personnes avaient été placées en garde à vue.

Un bras de fer entre raveurs et gendarmes

Le préfet de l’Aude a réitéré son ordre de dispersion, appelant les participants à quitter les lieux immédiatement. Mais l’attrait du rassemblement l’emporte sur la dissuasion. Environ 2 500 fêtards s’entassent au cœur d’une zone marquée par l’incendie dévastateur du 5 août. Dans ce décor calciné, l’ambiance est électrique, entre musique assourdissante et véhicules garés à perte de vue. Les forces de l’ordre, elles, tiennent leurs positions et bloquent méthodiquement les accès, espérant contenir l’afflux. Malgré ce dispositif musclé, les autorités reconnaissent que certains parviennent encore à rejoindre le site.

Une fête qui choque les habitants

C’est moins la musique que l’emplacement choisi qui indigne la population locale. Le massif des Corbières, ravagé par les flammes il y a quelques semaines à peine, garde les stigmates du pire incendie survenu dans le pourtour méditerranéen français depuis un demi-siècle. Parti de Ribaute, à une vingtaine de kilomètres, le feu a détruit 36 habitations, fait une victime et consumé 16 000 hectares de végétation. À Fontjoncouse, certains habitants disent leur colère face à une fête organisée sur ce champ de ruines. Le maire Christophe Tena a jugé intolérable que l’on puisse danser là où des familles ont tout perdu. Entre l’appel à la fête et le rappel au désastre, la rave improvisée s’enlise dans un face-à-face tendu, symbole d’un territoire encore traumatisé. Les prochaines heures diront si la musique finira par céder devant le silence imposé par les forces de l’ordre.

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