Un rapport du Contrôleur général des lieux de privation de liberté met en cause le fonctionnement du pôle psychiatrique de l’hôpital de Melun, en Seine-et-Marne, évoquant des atteintes sérieuses aux droits des patients. L’établissement, qui dispose de 88 lits, est notamment critiqué pour un nombre de décès jugé inhabituellement élevé, avec sept morts recensées entre janvier 2024 et août 2025, dont une majorité de patients hospitalisés sans leur consentement.
Les inspections relèvent des insuffisances dans le suivi médical, en particulier pour les troubles somatiques. Des dossiers incomplets, un manque de traçabilité et des réactions tardives face à des signaux cliniques préoccupants sont signalés. La gestion des mesures d’isolement et de contention est également mise en cause, tant dans leur application que dans leur encadrement administratif, jugé lacunaire.
Des pratiques en contradiction avec les règles en vigueur
Le rapport pointe aussi des dérives concernant la prise en charge des mineurs, certains étant admis dans des unités pour adultes et soumis à des mesures restrictives sans fondement légal clairement établi ni justification écrite suffisante. Par ailleurs, le nombre de chambres d’isolement est considéré comme disproportionné, avec un recours jugé excessif à ces dispositifs.
Face à ces critiques, le Groupe hospitalier Sud Île-de-France assure avoir engagé des évolutions depuis un précédent contrôle en 2022, notamment en limitant le recours à l’isolement et en renforçant les procédures internes. L’établissement met toutefois en avant des difficultés structurelles persistantes, comme le manque de spécialistes en pédopsychiatrie et l’insuffisance de structures adaptées, appelant à une réponse plus large des autorités sanitaires.
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