Procès Sollacaro : un double dossier pour comprendre une guerre de clans en Corse
Procès Sollacaro : un double dossier pour comprendre une guerre de clans en Corse

Le procès de l’assassinat d’Antoine Sollacaro et de la tentative de meurtre contre Charles Cervoni s’ouvre ce lundi 3 novembre à Aix-en-Provence. Deux affaires jugées ensemble, tant leurs similitudes et leurs ramifications dans la criminalité ajaccienne ont convaincu la justice qu’elles relevaient d’un même contexte : celui d’une lutte sanglante entre clans rivaux pour le contrôle du territoire corse. Antoine Sollacaro, ancien bâtonnier du barreau d’Ajaccio, a été abattu le 16 octobre 2012 dans une station-service de la ville. Un mois et demi plus tôt, le 1er septembre, Charles Cervoni, proche du même cercle, avait échappé de peu à la mort lorsqu’il avait été pris pour cible alors qu’il conduisait son 4×4 sur le cours Jean-Nicoli.

Deux affaires, un même contexte criminel

En 2014, la justice a décidé de fusionner les deux dossiers, estimant qu’ils s’inscrivaient dans une série d’assassinats liés à la guerre entre l’entourage d’Alain Orsoni, figure du nationalisme corse, et le clan criminel du « Petit Bar », réputé pour ses activités dans le trafic de drogue et l’extorsion. Les deux victimes, toutes deux proches d’Orsoni, auraient été visées pour cette raison. Les similitudes entre les deux crimes ont renforcé la thèse d’une opération concertée : même zone géographique, même période, et surtout même type de moto, une BMW de grosse cylindrée, utilisée par les tireurs. La découverte d’une moto de ce modèle, abandonnée dans un ravin près d’Ajaccio quelques semaines plus tard, a permis d’établir un lien matériel entre les deux affaires.

Un repenti brise le silence

L’enquête a connu un tournant en 2015 avec les déclarations de Patrick Giovannoni, ancien membre présumé du « Petit Bar » devenu le premier repenti de France. Selon lui, Jacques Santoni, présenté comme le chef du clan, aurait revendiqué les attaques contre Sollacaro et Cervoni. « C’est nous qui avons tapé », lui aurait-il confié après la mort du bâtonnier. Ces révélations, malgré les dénégations des mis en cause, ont relancé un dossier fragilisé par des témoins revenus sur leurs déclarations. Dix ans après les faits, quatre accusés, Jacques Santoni, André Bacchiolelli, Patrick Giovannoni et Mickaël Ettori comparaîtront devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône pour ces deux affaires désormais indissociables.

Un procès sous haute tension

Le procès, prévu pour durer six semaines, s’annonce dense et sensible. Il devrait raviver le souvenir d’une décennie marquée par une série d’assassinats dans le sud de la Corse, où règlements de comptes et affaires politico-financières ont souvent mêlé figures du nationalisme et criminalité organisée. Pour la justice, juger ensemble les meurtres Sollacaro et Cervoni, c’est tenter d’éclairer un pan obscur de la violence corse des années 2010, celui d’une guerre de clans qui a ensanglanté Ajaccio.

Que retenir rapidement ?

Le procès de l’assassinat d’Antoine Sollacaro et de la tentative de meurtre contre Charles Cervoni s’ouvre ce lundi 3 novembre à Aix-en-Provence. Deux affa

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