Privés de balcons depuis un an et demi, des locataires de Ville-d’Avray réclament réparation
Privés de balcons depuis un an et demi, des locataires de Ville-d’Avray réclament réparation

À Ville-d’Avray, treize locataires de la résidence de la Ronce, gérée par la filiale du groupe Gecina, exigent une compensation pour l’interdiction d’accès à leurs balcons, en vigueur depuis décembre 2023. Motif invoqué par le bailleur : des fissures inquiétantes repérées sur plusieurs immeubles de ce complexe des années 1960, ayant conduit à des mesures de sécurité immédiates. Mais près de dix-huit mois plus tard, alors que les travaux débutent à peine, la patience des résidents a atteint ses limites. Ils réclament une indemnisation comprise entre 2 000 et 4 600 euros.

Un chantier tardif et mal expliqué

Après un premier rapport d’expertise ayant entraîné la pose de barrières physiques sur les portes-fenêtres, Gecina a attendu un an et demi pour mandater un nouveau cabinet. Les premiers travaux de consolidation n’ont débuté que début juillet sur un seul bâtiment, dans le cadre d’une phase test préalable à un chantier généralisé. Une lenteur qui alimente le ressentiment des locataires. Plusieurs dénoncent aussi un manque de communication et une opacité persistante sur les échéances. Le bailleur, lui, affirme que les délais s’expliquent par des « contraintes ponctuelles d’accès à certains logements » et insiste sur la nécessité de garantir la sécurité. Des poignées de portes-fenêtres doivent d’ailleurs être retirées pendant les travaux pour empêcher tout accès aux balcons, une mesure qui inquiète les résidents quant à la ventilation de leurs logements.

Vers un contentieux locatif

Les demandes d’indemnisation ont pour l’heure été rejetées par Gecina. Face à cette fin de non-recevoir, les locataires se préparent à porter l’affaire en justice. Leur avocat, Me Jonathan Adwokat, s’appuie sur la règle du Code civil selon laquelle toute privation de jouissance d’un bien loué pendant plus de 21 jours peut justifier une réduction du loyer. Selon lui, les indemnisations devraient même être revues à la hausse si les travaux s’éternisent. En attendant une éventuelle issue judiciaire, certains habitants disent enfreindre désormais l’interdiction d’accès, ne supportant plus cette limitation. D’autres ont enlevé eux-mêmes les étais entravant leurs ouvertures, faute d’alternative. Pour beaucoup, c’est désormais moins la peur des balcons fissurés que le sentiment d’injustice et d’abandon qui domine.

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