La scène s’est jouée mercredi matin à l’entrée de la Gare de l’Est, à Paris. Un TGV et un train Transilien se sont « frottés » l’un contre l’autre lors de leur arrivée à quai, provoquant ce que les experts appellent une « prise en écharpe », une collision latérale entre deux trains se croisant sur une jonction de voies.
Une erreur technique à l’origine du choc
L’incident, qualifié de « grave » par le syndicat Sud-Rail, n’a heureusement fait aucun blessé. Le TGV, alors à l’arrêt, n’avait pas encore dégagé la zone de croisement lorsqu’un Transilien s’est engagé sur la même portion. Son conducteur, pensant que la voie était libre, a poursuivi sa manœuvre à faible allure avant de se rendre compte que le passage serait trop étroit. Un léger choc s’est produit, sans dégâts majeurs. Selon le rapport interne cité par Sud-Rail, l’origine du problème viendrait d’un « joint isolant collé » mal positionné. Ce composant du système de signalisation aurait faussement indiqué que la voie était dégagée alors que la rame du TGV se trouvait encore dans le canton. Le Transilien s’est donc retrouvé autorisé à pénétrer sur une voie toujours occupée, une situation théoriquement impossible dans le système de sécurité ferroviaire français.
Un incident sans conséquence pour les voyageurs
Le conducteur du TGV, qui n’a pas perçu le choc, a poursuivi sa manœuvre normalement, tandis que le conducteur du Transilien a été pris en charge dès son arrivée à quai. Aucun passager n’a été blessé et le trafic n’a subi aucun retard, selon la SNCF. L’entreprise a confirmé l’incident, parlant d’un « incident d’exploitation lors de la mise à quai de trains ». Les experts de SNCF Réseau ont identifié un « paramétrage incomplet » du dispositif de signalisation. Des mesures correctives immédiates ont été prises pour éviter qu’une telle erreur ne se reproduise.
Un avertissement pour le réseau ferroviaire
Si les conséquences sont minimes, l’événement interroge les spécialistes de la sécurité ferroviaire. Sud-Rail dénonce « une situation inacceptable révélatrice des failles techniques et organisationnelles du réseau », rappelant qu’un train ne devrait jamais être autorisé à pénétrer dans un canton déjà occupé. En interne, l’affaire est prise très au sérieux. La SNCF doit désormais réexaminer l’ensemble des dispositifs similaires sur le réseau afin de vérifier que ce défaut de conception n’existe pas ailleurs. À l’entrée de la Gare de l’Est, ce matin-là, plus de peur que de mal, mais un rappel brutal que, même dans un système parmi les plus sûrs au monde, l’erreur technique n’est jamais totalement impossible.