Nantes - les facs de lettres et de droit évacuées après de nouveaux débordements
Nantes - les facs de lettres et de droit évacuées après de nouveaux débordements

Mardi après-midi, le campus Tertre et Censive de Nantes Université a été totalement évacué après une série de violences et de dégradations. L’alarme incendie s’est déclenchée en pleine journée, forçant des centaines d’étudiants à quitter les bâtiments, pendant que la police prenait possession des lieux. La présidente de l’université, Carine Bernault, a confirmé qu’un groupe d’une trentaine de personnes cagoulées et alcoolisées avait envahi le Pôle étudiant. Portes forcées, matériel jeté au sol, tags haineux et menaces visant directement du personnel : les scènes décrites sont qualifiées d’« inacceptables » par la direction, qui a annoncé une nouvelle plainte. Depuis une semaine, c’est la troisième fois que l’université saisit la justice.

Un climat de tension qui dure

Les débordements s’inscrivent dans une série d’incidents. La semaine précédente, des inscriptions hostiles au pouvoir et à l’Uni, syndicat étudiant classé à droite, avaient déjà été découvertes. Quelques jours plus tard, un groupe de 30 à 40 jeunes avait été repéré avec mortiers d’artifice, certains grimpant même sur les toits. Lundi encore, des intrus avaient occupé une salle sans autorisation, parmi eux un ancien étudiant récemment exclu. Mardi, la tension a franchi un nouveau cap, obligeant l’administration à fermer immédiatement les bâtiments et à demander l’intervention policière. Les forces de l’ordre ont procédé à l’évacuation dans le calme, mais la présidence dit son « ras-le-bol », soulignant l’angoisse d’un personnel directement ciblé.

Condamnations officielles et inquiétudes étudiantes

Le ministre de l’Enseignement supérieur a réagi en dénonçant sur X une « minorité violente » qui « prend en otage étudiants et personnels » et « ignore les valeurs de dialogue et de liberté académique ». Du côté des associations étudiantes, l’indignation est partagée : « Descendre dans la rue c’est légitime, mais dégrader une université déjà sous-financée n’est pas la bonne méthode », estime Léandre Brisset, président d’InterAsso Nantes. Le campus du Tertre restera fermé jusqu’à mercredi matin. La présidence promet de chiffrer et de réparer rapidement les dégâts, mais prévient : la situation ne pourra pas durer sans réponse ferme et durable.

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