Une reconstitution numérique des événements tragiques survenus lors du bal de Crépol (Drôme) en novembre 2023, où le jeune Thomas, 16 ans, a perdu la vie après avoir été poignardé, se déroulera à l’automne prochain.
Cette reconstitution, prévue entre le 22 septembre et le 3 octobre 2025, interviendra près de deux ans après les faits. Elle sera réalisée sous une forme numérique, une méthode de plus en plus utilisée dans les affaires complexes, permettant une visualisation 3D des scènes de crime à partir des éléments du dossier : relevés de géolocalisation, témoignages, vidéos, rapports d’expertise et modélisations.
Cet outil technologique devrait aider à comprendre le déroulé encore flou de la rixe qui a éclaté lors du “bal de l’hiver” organisé le 18 novembre 2023 au soir, dans la salle des fêtes de Crépol, un village d’environ 500 habitants.
Une soirée qui vire au drame
Pour rappel, la soirée festive a dégénéré aux alentours de minuit. Un groupe de jeunes venus de Romans-sur-Isère serait entré dans la salle après avoir été refoulé à l’entrée, déclenchant une altercation avec plusieurs participants. Les tensions auraient dégénéré à l’extérieur du bâtiment, sur le parking, où plusieurs individus ont sorti des armes blanches.
Quatre jeunes sont grièvement blessés, dont Thomas, lycéen en classe de première et joueur prometteur du club de rugby de Romans-sur-Isère. Il succombera à ses blessures peu après, dans l’ambulance, malgré l’intervention rapide des secours.
Au total, 14 personnes ont été mises en examen pour “homicide volontaire” et “tentatives d’homicide volontaire en bande organisée”. Tous nient avoir porté les coups mortels. Plusieurs ont reconnu leur présence sur les lieux, mais contestent toute implication directe dans l’agression.
L’instruction est particulièrement complexe : plus de 400 personnes étaient présentes au bal ce soir-là, rendant les investigations longues et délicates. Le travail de recoupement des témoignages, d’analyse des vidéos, et l’identification des protagonistes ont nécessité des mois de travail minutieux de la part des gendarmes de la section de recherches de Grenoble.
Un dossier hautement sensible
L’affaire a rapidement pris une dimension politique. Dans les jours qui ont suivi le drame, plusieurs responsables de droite et d’extrême droite, dont Éric Zemmour, Marion Maréchal et Laurent Wauquiez, ont dénoncé une “violence importée des cités vers les campagnes”. D’autres, comme Gérald Darmanin, ont appelé à ne pas instrumentaliser le drame.
Des rassemblements d’hommage à Thomas ont eu lieu dans la région et au-delà, notamment dans le monde du rugby amateur, bouleversé par la perte de ce jeune joueur décrit comme “souriant, passionné, et très apprécié de ses coéquipiers”.
Une reconstitution attendue comme un moment clé
Pour les familles des victimes comme pour les avocats de la défense, la reconstitution à venir est perçue comme une étape déterminante. Me Franck Berton, avocat de l’un des mis en cause, estime que “cette reconstitution pourrait permettre de faire apparaître des incohérences ou au contraire de confirmer certaines versions”.
Le juge d’instruction a souhaité que cette reconstitution se fasse en l’absence du grand public et sous haute sécurité, compte tenu de la tension persistante autour du dossier.