Quatre policiers ayant participé à l’interpellation de Kyllian Samathi, en janvier 2024 à Montfermeil, sont désormais mis en examen pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique ». Le trentenaire, employé d’une épicerie, avait reçu une douzaine de décharges de pistolet à impulsion électrique lors de son arrestation, avant de décéder le lendemain à l’hôpital. Selon le rapport médico-légal, l’usage répété du taser a contribué au décès, bien que certains avocats de la défense soulignent que le lien serait indirect et que les armes auraient été utilisées en réponse à une situation jugée dangereuse pour les forces de l’ordre et les riverains.
Parole contre parole ?
Deux autres policiers, également impliqués, ont été placés sous le statut de témoin assisté. La nuit des faits, les policiers étaient intervenus dans une épicerie, décrivant l’homme comme en état de forte agitation et d’agressivité. Les procès-verbaux mentionnent une résistance violente : tentative de s’emparer de l’arme d’un agent, coups portés, morsure infligeant une fracture à un policier. La victime avait subi deux arrêts cardiorespiratoires avant d’être plongée dans le coma. Des témoins ont cependant affirmé qu’il avait été frappé et que la brigade anticriminalité, première sur place, aurait agi de sa propre initiative, en contradiction avec la version initiale. L’avocat de la famille n’a pas souhaité commenter à ce stade.