À Marseille, la dégradation persistante de la situation sécuritaire continue d’affecter l’activité économique. Un site de l’opérateur Orange, implanté dans le quartier de Saint-Mauront, va de nouveau fermer ses portes après la découverte de plusieurs impacts de balles sur sa façade. L’incident, survenu au début de la semaine, intervient dans un contexte de tensions récurrentes liées au narcotrafic et ravive les inquiétudes des salariés comme des syndicats. Lundi 5 janvier, quatre impacts de projectiles ont été identifiés sur l’extérieur du bâtiment, où travaillent habituellement près d’un millier de personnes. Les tirs auraient eu lieu en dehors des heures ouvrables, même si la date exacte n’a pas pu être déterminée à ce stade. Une enquête a été ouverte afin d’établir les circonstances précises de ces faits, sans qu’aucune conclusion définitive n’ait encore été communiquée par les autorités. Dès la révélation de l’incident, la direction d’Orange a pris la décision de fermer temporairement le site à compter du jeudi suivant. Les salariés ont été invités à poursuivre leur activité en télétravail ou à être redéployés sur d’autres implantations du département, le temps que l’enquête judiciaire se poursuive. L’entreprise affirme que la sécurité de ses collaborateurs constitue le critère prioritaire guidant ses décisions.
Un quartier sous tension et des fermetures à répétition
Cette nouvelle fermeture n’est pas une première. Fin novembre, le site de Saint-Mauront avait déjà cessé temporairement son activité pendant une quinzaine de jours, en raison d’une montée des tensions dans le quartier. À l’époque, des représentants syndicaux avaient alerté sur des rixes à proximité immédiate des locaux et sur la présence de plusieurs points de deal, témoignant de l’emprise du narcotrafic dans le secteur. Le retour des salariés sur le site, après cette première interruption, s’était accompagné d’une vive appréhension. La découverte récente d’impacts de balles a ravivé ce sentiment d’insécurité, renforçant l’idée que la situation ne s’améliore pas durablement. Pour les organisations syndicales, ces événements illustrent une incompatibilité croissante entre l’activité d’un grand site tertiaire et un environnement marqué par des violences armées. Sur le plan institutionnel, les autorités locales ont réagi rapidement. La préfète de police déléguée s’est rendue sur place afin de constater les faits et de superviser les premières expertises balistiques. Les services de police ont annoncé un renforcement des patrouilles dans le quartier, ainsi que la mise en place d’une garde statique aux heures d’entrée et de sortie du site, afin de dissuader toute nouvelle action violente.
L’absence de visibilité sur l’issue de l’enquête et la répétition des incidents nourrissent les interrogations
Des représentants syndicaux ont indiqué que la direction régionale avait confirmé la fermeture du site pour une durée indéterminée. Ils estiment désormais que la question d’une fermeture définitive et d’un déménagement doit être officiellement posée, jugeant insuffisantes les réponses apportées jusqu’à présent. Cette situation met en lumière les conséquences concrètes de l’insécurité sur les entreprises et l’emploi local. À Marseille, les problématiques liées au narcotrafic dépassent désormais le seul champ judiciaire pour affecter directement l’organisation du travail et la présence de grandes entreprises dans certains quartiers. Pour Orange, comme pour ses salariés, la fermeture répétée du site de Saint-Mauront apparaît moins comme un incident isolé que comme le symptôme d’un problème structurel, dont la résolution dépasse le cadre de l’entreprise et renvoie à des enjeux plus larges de sécurité publique.