Les banderoles n’ont pas bougé, les esprits non plus. À Magnanville, dans les Yvelines, le projet de maison d’arrêt envisagé depuis 2021 n’avance plus d’un pouce. Et si aucun signe concret ne laisse penser à une reprise imminente du dossier, l’association Tous mobilisés contre la prison reste sur ses gardes. « On reste en veille active », prévient Patrick Magny, son président. Depuis l’annonce choc du projet il y a quatre ans, la résistance locale n’a jamais faibli. Ni à Magnanville, ni dans les communes voisines d’Auffreville-Brasseuil, Vert ou Soindres. La perspective d’un centre pénitentiaire construit à proximité directe du lycée Léopold-Sédar-Senghor et d’un quartier pavillonnaire a déclenché une levée de boucliers. Et même si l’État semble avoir mis le frein, les opposants n’en croient qu’à moitié à l’enterrement du projet.
Un terrain sensible, des élus mobilisés, et des terres à préserver
Le dernier signal en date, encourageant, est la suppression de la fameuse « pastille » de secteur d’urbanisation préférentielle du Sdrif-E – le Schéma directeur environnemental de la région Île-de-France. Une victoire technique, mais symbolique, obtenue après plusieurs relances auprès des services de l’État. Autre point marqué : la visite de Valérie Pécresse le 9 avril à Mantes-la-Jolie, au cours de laquelle elle a réitéré son rejet du projet. Une position partagée par Gérard Larcher et l’ex-sénatrice Sophie Primas. Mais l’exécutif, lui, garde la main. En attendant, l’association TMCP continue de fédérer ses 417 membres et de tenir informé l’État par courrier. « Ce courrier sert aussi à montrer qu’on saura se réactiver si besoin », résume Patrick Magny, qui rappelle les risques : proximité avec des habitations, atteinte au milieu scolaire, pollution des terres agricoles, impact sur la nappe phréatique. Le propriétaire du terrain, lui aussi, refuse toujours de céder ses terres. Il envisagerait même d’y planter des haies pour renforcer l’écosystème local. Le projet de prison à Magnanville est peut-être en sommeil. Mais pour ses opposants, il ne dort jamais vraiment.