Livraisons par drone en prison : le trio stoppé net dans son vol nocturne
Livraisons par drone en prison : le trio stoppé net dans son vol nocturne

La livraison clandestine n’a pas eu le temps d’atteindre sa cible. Dans la nuit du 20 au 21 juin, trois hommes venus du Pas-de-Calais ont été interpellés à proximité du centre pénitentiaire de Liancourt (Oise), alors qu’ils tentaient d’acheminer des téléphones portables à l’aide d’un drone. Une expédition nocturne méthodiquement organisée mais avortée à l’approche de leur second objectif, après une première livraison réussie à Beauvais. Dans cette région, les livraisons aériennes à destination des détenus ne sont plus anecdotiques. Les syndicats de surveillants évoquent plusieurs survols chaque semaine. Cette fois, le trio avait préparé son opération depuis Sallaumines, en coordonnant drones et colis. Un premier largage aurait été effectué à Beauvais, avant que les trois hommes ne prennent la route pour Liancourt, où la gendarmerie a mis fin à leur équipée à 3h30 du matin.

Des justifications bancales face au tribunal

Jugés en comparution immédiate à Beauvais, deux des prévenus, âgés de 22 et 24 ans, ont tenté de minimiser leur implication. Le plus jeune a reconnu avoir conduit le véhicule, tout en assurant qu’il ignorait le contenu exact des colis et qu’il n’avait reçu aucune rémunération. Le second a évoqué une rage de dents et une totale méconnaissance de leur destination, prétendant même ne pas savoir qu’une prison se trouvait à proximité. Les 1 780 euros retrouvés sur lui auraient été gagnés à des jeux à gratter. Des explications jugées peu crédibles par le procureur, qui s’est appuyé sur les déclarations du troisième membre du groupe pour accréditer la version d’une participation active des deux comparses. Les faits n’ont laissé guère de place au doute : les trois hommes avaient été présents au moment de la préparation des drones, lors de la remise de l’argent, et pendant la tentative de livraison nocturne. Résultat : six mois de prison pour l’un, avec bracelet électronique, quatorze mois fermes pour le second après révocation d’un sursis. Quant au commanditaire, il a écopé de vingt mois selon la procédure de plaider-coupable. Reste à identifier les destinataires des colis, pour l’instant restés dans l’ombre des cellules.

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