La célèbre forêt de Brocéliande, théâtre de légendes celtiques, a vu ses arbres partir en fumée au cœur de l’été. Plus d’un mois après l’incendie de Tréhorenteuc, qui avait dévasté 120 hectares et mobilisé plus de 300 pompiers, un homme a été mis en examen et placé en détention provisoire. Âgé d’une trentaine d’années, domicilié dans le Morbihan, il a reconnu être à l’origine de plusieurs départs de feu dans la région de Ploërmel entre avril et août. Ses aveux incluent l’incendie du 17 juillet au cœur de Brocéliande-Paimpont, point d’orgue d’une série d’actes qui ont transformé la forêt mythique en champ calciné. Le procureur de Lorient, Stéphane Kellenberger, a confirmé que le suspect avait été placé en garde à vue mardi avant d’être présenté à un juge d’instruction. Les faits retenus sont lourds : destructions volontaires de bois, forêts, landes ou reboisements par incendie, avec la circonstance aggravante d’avoir exposé des personnes à un risque corporel. Une qualification pénale qui peut conduire à une peine allant jusqu’à quinze années de réclusion.
Une année noire pour les forêts européennes
Au-delà de ce cas individuel, c’est toute l’Europe qui vit une saison catastrophique. Depuis le début de l’année 2025, plus d’un million d’hectares ont été réduits en cendres sur le continent, un triste record. La France n’échappe pas à l’hécatombe, avec 35 600 hectares partis en fumée. Certains de ces sinistres ont des causes criminelles, comme dans l’Aude où près de 17 000 hectares ont brûlé en un seul foyer. L’affaire de Brocéliande illustre à la fois la vulnérabilité des espaces naturels face aux pyromanes et la sévérité de la justice face à ces actes. L’homme écroué devra désormais répondre de ses incendies en série, dont l’un a touché l’un des symboles paysagers et mythologiques de la Bretagne. Sa responsabilité personnelle, mêlée à un contexte climatique explosif, place l’été 2025 parmi les plus sombres pour les forêts françaises.