À La Rochelle, le gérant du Café de la Poste a pris les devants face au fléau du GHB, cette drogue de synthèse inodore utilisée à l’insu des victimes. Sarkis Markarian a investi 380 euros pour acheter une centaine de bracelets capables de détecter la substance. Mis gratuitement à disposition de ses clients depuis la fin août, ces dispositifs permettent de vérifier en dix secondes si une boisson est contaminée : une goutte déposée sur le bracelet suffit, et si la zone réagit en virant au bleu, la présence de GHB est confirmée. Chaque bracelet peut tester jusqu’à quatre verres.
Un outil de prévention salué mais coûteux
Le restaurateur, également père d’une étudiante de 22 ans, se dit conscient que son établissement, qui ferme à 23 heures, n’est pas forcément le lieu où surviennent ces agressions, mais il estime que la sensibilisation doit commencer partout. Les passants et clients interrogés jugent l’initiative utile, même si certains reconnaissent ne pas vouloir tester systématiquement chaque consommation, préférant garder un œil sur leur verre. Du côté des professionnels, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) en Charente-Maritime se félicite de la démarche, tout en pointant son coût. « Les bracelets restent onéreux et l’économie de notre secteur est fragile », souligne Pierre Lecacheux, représentant de la branche cafés et bars. Plusieurs établissements ont déjà investi dans des couvercles protecteurs de verres, même si cela a pu déplacer les modes d’agression vers d’autres pratiques, comme les piqûres. En attendant une éventuelle généralisation, ces bracelets incarnent une nouvelle étape dans la prévention, alors que les signalements de soumission chimique continuent d’inquiéter les professionnels et les autorités.