La honte ! Dès 2018, un rapport alertait que le Louvre pouvait être cambriolé par le balcon avec un monte-charge. (AP)
La honte ! Dès 2018, un rapport alertait que le Louvre pouvait être cambriolé par le balcon avec un monte-charge. (AP)

C’est un rapport aussi hallucinant que consternant qui vient d’être dévoilé sur la sécurité du Louvre. Un audit interne de 2018, révélé par Le Monde, mettait déjà en évidence le balcon par lequel les cambrioleurs ont pénétré dans le musée du lors du vol spectaculaire du 19 octobre dernier. Ce rapport mentionnait explicitement que l’accès pouvait être facilité par l’usage d’un monte-charge, utilisé pour transporter du matériel dans le musée. Les experts de l’époque qualifiaient cette zone de « vulnérabilité majeure », précisant que le balcon offrait un accès direct à des salles exposant des pièces de grande valeur.

Des dispositifs de surveillance insuffisants

Le document, révélé par Le Monde, soulignait que la vidéosurveillance couvrant le balcon était incomplète, et que la détection d’intrusion n’était pas optimale. Selon les recommandations, il aurait fallu renforcer la surveillance, installer des capteurs supplémentaires et verrouiller l’accès aux monte-charges. Ces préconisations n’ont pas été mises en œuvre, laissant le musée exposé à un risque identifié sept ans avant le cambriolage.

Le rapport ignoré et resté dans l’ombre

La direction du Louvre n’avait pas transmis ce rapport lors de la passation en 2021, et il n’a été redécouvert qu’après le vol. L’audit, pourtant détaillé et précis, n’avait donc jamais été pris en compte dans la politique de sécurité du musée, soulevant de lourdes questions sur la gestion interne des informations sensibles et sur les responsabilités de l’établissement.

Des mesures de sécurisation tardives

Après le cambriolage, le Louvre a annoncé un plan d’urgence visant à renforcer la sécurité : installation de centaines de nouvelles caméras, mise à jour des systèmes anti-intrusion, et contrôle renforcé des monte-charges et autres accès techniques. Ces mesures interviennent après des années de critiques pointant la priorité donnée aux acquisitions et à l’attractivité du musée plutôt qu’à la protection des collections.

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