La scène paraît sortie d’un polar, mais elle s’est jouée en plein Paris. Samedi 30 août, deux mineurs ont été interpellés à leur descente d’un TGV Ouigo en provenance de Lyon. Dans leurs affaires, et surtout dans leurs sous-vêtements, les policiers ont découvert un trésor : dix millions d’euros de joaillerie, dont un diamant en forme de cœur estimé à lui seul à cinq millions.
Un contrôle qui vire au coup de filet
Tout commence vers 11 heures, quai de la gare de Lyon. Une patrouille de la Brigade des réseaux franciliens effectue un contrôle sur réquisition du parquet. Rien, dans l’attitude des adolescents, ne les distingue particulièrement. Jogging, casquette, sac à dos, valise… Le contrôle tient presque du hasard. Mais au moment de la palpation, les policiers tombent sur un couteau puis sur une protubérance suspecte à l’entrejambe d’un des deux jeunes. Invité à s’expliquer, l’ado tend une chaussette blanche remplie d’objets brillants. En la vidant, les agents découvrent Rolex, bagues serties de diamants, rubis et émeraudes, colliers et bracelets signés Graff, ainsi qu’une broche extravagante en forme de grenouille. La valise renferme, elle, une disqueuse, outil typique des cambriolages.
Une enquête qui ne fait que commencer
Les deux mineurs, ressortissants tunisiens sans papiers déjà connus de la police, ont été placés en garde à vue, prolongée ce lundi 1er septembre. Ils pourraient être déférés dès mardi pour l’ouverture d’une information judiciaire. L’affaire est désormais confiée à la Brigade de répression du banditisme, spécialisée dans les casses de grande ampleur. Restent les zones d’ombre : ces adolescents sont-ils les auteurs d’un vol, de simples receleurs ou de simples pions d’un réseau plus vaste ? La piste d’un cambriolage commis en Suisse peu avant leur voyage est étudiée. En attendant, leur attitude intrigue les enquêteurs : calmes, sûrs d’eux, comme s’ils ignoraient la valeur astronomique de leur butin. Une sérénité insolente qui contraste avec l’énormité de l’affaire.