Le tireur de 21 ans qui a tué dix personnes dans son ancien lycée de Graz, dans le sud de l’Autriche, avant de retourner l’arme contre lui, était probablement un jeune homme introverti, replié sur lui-même, et amateur obsessionnel de jeux de tir en ligne, selon les premières conclusions de l’enquête criminelle dévoilées ce jeudi.
Identifié par la presse locale sous le nom d’Arthur A., l’auteur de cette attaque, la plus meurtrière jamais survenue dans un établissement scolaire autrichien, a agi seul. La tragédie, qui a profondément choqué le pays, a conduit le gouvernement à décréter trois jours de deuil national. Lors d’une conférence de presse à Graz, Michael Lohnegger, chef de l’Office de police criminelle de l’État de Styrie, a évoqué le profil du suspect, décrit comme « extrêmement retiré », préférant « le monde virtuel au monde réel ».
Les enquêteurs ont découvert à son domicile une bombe artisanale inopérante ainsi que des plans abandonnés évoquant un attentat à plus grande échelle, ce qui laisse entrevoir que le massacre perpétré pourrait n’avoir été qu’une partie d’un projet plus vaste. Si les motivations précises du jeune homme restent floues, l’hypothèse d’un acte de vengeance nourrit les spéculations, d’autant que les médias locaux rapportent qu’il aurait été victime de harcèlement durant sa scolarité, un élément que la police n’a toutefois pas confirmé à ce stade.
Arthur A. vivait avec sa mère à Kalsdorf, en périphérie de Graz. Dans ce quartier paisible, il était peu connu, voire invisible. Plusieurs voisins interrogés par Reuters n’ont pu fournir que des descriptions vagues : un jeune homme mince, souvent vêtu d’une casquette, les écouteurs enfoncés dans les oreilles, fuyant tout contact.
Ce drame relance le débat sur l’influence des jeux vidéo violents et l’isolement social chez les jeunes adultes. Les autorités n’ont pas encore établi de lien direct entre l’univers virtuel prisé par Arthur A. et son passage à l’acte, mais son retrait du monde réel et son engouement pour les simulateurs de guerre nourrissent les interrogations. L’enquête se poursuit pour déterminer si d’autres signes précurseurs auraient pu permettre d’anticiper un tel geste.