Festival néonazi interdit dans la Meuse - la préfecture sur le qui-vive.
Festival néonazi interdit dans la Meuse - la préfecture sur le qui-vive.

Un festival clandestin de black metal néonazi, baptisé Black Metal Blitzkrieg V2, devait se tenir le 20 septembre dans le Grand Est. Après confirmation par les services de renseignement, la préfecture de la Meuse a pris un arrêté d’interdiction couvrant l’ensemble du département. Le flyer de l’événement, révélé par Mediapart et Libération, annonçait six groupes venus d’Italie, d’Allemagne, de Finlande, de Pologne, de Suisse et de France. Leur registre, le NSBM (National Socialist Black Metal), est connu pour relayer un discours ouvertement raciste, antisémite et suprémaciste. Pour le préfet, il s’agit d’une « menace grave de trouble à l’ordre public et d’une atteinte directe aux valeurs de la République ».

Surveillance renforcée autour d’un fief néonazi

Le lieu exact du rassemblement n’a pas été dévoilé, mais les autorités redoublent de vigilance, notamment autour de Combres-sous-les-Côtes, où les Hammerskins, un groupuscule néonazi déjà identifié, auraient établi leur base dans un hangar agricole surnommé la « Taverne de Thor ». Des contrôles supplémentaires sont programmés afin de déjouer toute tentative d’installation sauvage. Le préfet appelle également les maires et les gestionnaires de salles à refuser toute location suspecte, craignant que l’événement soit relocalisé sous une couverture mensongère.

Un précédent déjà lourd en Lorraine

Ce n’est pas la première fois que la région est confrontée à ce type de rassemblement. En juin 2024, le Conseil départemental de la Meuse avait réclamé la dissolution des Hammerskins après un meeting dans la même commune. Un an plus tôt, un autre festival d’extrême droite avait été annulé dans les Vosges, sur décision du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. La préfecture martèle sa « détermination à combattre toute forme d’extrémisme » et à préserver la tranquillité publique. Mais l’épisode confirme la persistance de réseaux néonazis organisés, capables de mobiliser au-delà des frontières françaises et de tester régulièrement la solidité des garde-fous républicains.

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