L’incendie s’est déclaré en pleine nuit dans un gîte du sud de la Charente. Lorsque les secours sont arrivés sur les lieux, un ancien corps de ferme transformé en centre de vacances pour adultes en situation de handicap était déjà partiellement embrasé. Quatre corps ont été retrouvés. Une personne manquait encore à l’appel à la mi-journée. Et au moins une victime était hospitalisée en urgence absolue. Le bâtiment, situé à Montmoreau, au sud d’Angoulême, accueillait quatorze personnes âgées de 20 à 75 ans : huit adultes handicapés, quatre accompagnateurs et les deux propriétaires. Ils étaient réunis pour un séjour d’une semaine organisé par l’UFCV (Union française des centres de vacances). Le feu a démarré vers 4h30, dans la nuit du 27 au 28 juillet. Malgré l’intervention rapide de 68 pompiers et l’engagement de quatre engins d’attaque, l’incendie a détruit plus de 300 m². Le sous-préfet d’Angoulême a confirmé le décès de l’une des pensionnaires, une femme de 60 ans, et de la propriétaire des lieux. L’identification des autres victimes était encore en cours en fin de matinée.
Un lieu certifié, un précédent tragique
Le maire de Montmoreau, présent sur place, a rappelé que le gîte bénéficiait du label officiel permettant l’accueil de personnes handicapées pendant les vacances. Il avait fait l’objet d’une visite des services de l’État deux ans auparavant, avec à la clé un avis favorable. Selon les premiers éléments, aucune alerte préalable ne laissait présager un défaut de sécurité manifeste. Le parquet d’Angoulême a ouvert une enquête pour « homicides et blessures involontaires contre X ». Les enquêteurs devront déterminer si un dysfonctionnement structurel ou un manquement réglementaire est à l’origine du drame. Ce sinistre ravive le souvenir de la tragédie survenue à Wintzenheim en août 2023, où un incendie dans une ancienne grange avait coûté la vie à onze personnes, dont dix adultes en situation de handicap. À Montmoreau, l’émotion est vive. Plusieurs familles attendaient encore des nouvelles de leurs proches dans l’angoisse. Les autorités locales ont mis en place une cellule psychologique. La préfète a salué l’engagement rapide des secours et promis toute la transparence sur les circonstances du drame.