Alors que l’hiver s’installe sur la bande de Gaza, des habitants comme Ahed al-Najjar brisent le béton à mains nues ou avec de simples outils pour extraire des barres de fer des ruines de leurs propres maisons. Ces tiges métalliques, arrachées aux décombres, servent désormais de structure pour ériger des tentes, des abris de fortune ou sont revendues pour obtenir un revenu minimal dans un territoire où la destruction est presque totale.
Les restrictions d’importation de matériaux de construction, en vigueur depuis des années, ont créé une pénurie extrême de ciment et de fer. Selon les estimations de l’ONU, près de 61 millions de tonnes de décombres jonchent Gaza, une montagne de gravats devenue le seul gisement accessible pour des milliers de familles déplacées. Pour beaucoup, ces barres d’acier représentent la seule chance de reconstruire un semblant de toit ou de gagner quelques dizaines de shekels pour acheter de la nourriture.
Les familles, souvent privées de tout revenu, récupèrent ces matériaux au prix d’efforts physiques épuisants et avec des moyens rudimentaires. Les barres de fer, une fois redressées ou nettoyées, deviennent des supports pour des tentes de fortune, permettant de résister tant bien que mal au froid et aux pluies hivernales. Mais leur coût reste élevé sur les marchés locaux improvisés, ce qui rend la situation encore plus difficile pour les plus vulnérables.
Face à l’ampleur des destructions, les habitants continuent malgré tout de fouiller les ruines, animés par la nécessité urgente de se loger et de survivre. Dans un paysage où presque tout a disparu, le fer extrait des décombres est devenu une ressource vitale, symbole à la fois de résilience et de désespoir.