Départ forcé des gens du voyage à Muret : le camp géant de caravanes s’ébranle enfin
Départ forcé des gens du voyage à Muret : le camp géant de caravanes s’ébranle enfin

Dans la chaleur d’un dimanche d’août, les allées poussiéreuses du terrain des Bonnets se vident peu à peu. Sous le regard des gendarmes et des riverains, les premières caravanes se mettent en branle, ramenant un semblant de normalité à cette zone d’activités de Muret, au sud de Toulouse. Depuis une semaine, ce site avait été transformé en ville éphémère par un gigantesque rassemblement de gens du voyage. Sept cents attelages se sont installés là le 3 août, sans autorisation, formant un entrelacs de véhicules, de câbles électriques et de bidons d’eau. La sous-préfecture avait fixé le vendredi 8 août comme date butoir pour évacuer, menaçant d’une intervention des forces mobiles. Pourtant, c’est seulement en ce dimanche 10 août que les équipages commencent à plier bagage, poussés par la fermeté des autorités et l’exaspération des habitants. Pendant une semaine, le campement a fonctionné en autarcie, alimenté par des branchements sauvages et organisé par des représentants communautaires. L’endroit, un terrain sec et exposé, n’était pas adapté à un tel afflux. La chaleur et le manque d’eau ont rapidement posé problème. « Ça pose un vrai problème de sécurité, d’approvisionnement en eau », s’inquiétait Christophe Delahaye, premier adjoint à la mairie de Muret. Des coupures de courant ont affecté les riverains, la base de loisirs voisine et même l’aérodrome du Lherm. La maire André Mandement, en congé, a dénoncé à distance une situation « insupportable » et appelé l’État à reprendre la main. Face à ce qui ressemblait à une occupation illicite, les élus locaux ont demandé au gouvernement de revoir la réglementation sur les campements sauvages et de fournir des moyens pour encadrer ces grands passages.

Une installation massive et improvisée

Ce rassemblement n’était pas prévu pour cette date, selon la préfecture. Les gens du voyage affirment de leur côté qu’on leur avait proposé cette solution. Jacky, l’un des responsables communautaires, assure qu’ils ne sont pas des « voyous » et qu’ils comptent repartir le 17 août. Selon lui, la communauté était attendue à Fenouillet, au nord de Toulouse, mais faute de place, elle a été redirigée vers Muret. Il rappelle que Toulouse Métropole ne dispose pas de terrains suffisants pour accueillir de telles manifestations et que les évangélistes ont besoin de se rassembler en paix. Pour les responsables du mouvement, la multiplication des grands passages montre l’insuffisance des aires d’accueil prévues par la loi. Les élus muretains, eux, dénoncent un manque d’anticipation et demandent un encadrement plus strict des rassemblements.

L’ultimatum est tombé vendredi, avec menace d’intervention des CRS

Mais il a fallu attendre ce dimanche pour voir les attelages s’ébranler. Sur place, des équipes des forces de l’ordre encadrent le départ, tandis que des ouvriers procèdent aux vérifications des installations électriques et de l’état du terrain. Une partie des caravanes devrait se déplacer vers des aires aménagées d’autres communes, d’autres prendre la route vers Lourdes ou Grostenquin, où des rassemblements similaires sont prévus. Ce départ marque la fin d’une semaine électrique pour Muret, mais pas la fin du débat. Les élus locaux réclament des mesures nationales pour éviter les occupations sauvages et garantir des conditions dignes d’accueil. Les gens du voyage, eux, pointent du doigt un manque de terrains adaptés à l’importance de leurs rassemblements.

Partager